NETTALI.COM - Le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité And Ci Degg, Cheikh Oumar Diagne, a officialisé sa rupture avec le parti au pouvoir, Pastef, lors d’une conférence de presse tenue ce matin. L’ancien allié du mouvement a expliqué que lui et ses partisans ne se battront désormais plus pour Pastef, tout en assumant pleinement son soutien passé.

« Je ne regrette pas d’avoir soutenu Pastef, car je l’ai fait pour mes principes », a-t-il déclaré. Selon Cheikh Oumar Diagne, la rupture s’explique par ce qu’il considère comme un changement de cap idéologique du mouvement qu’il avait accompagné.

Le leader du RV/ACD estime que Pastef aurait abandonné le combat pour la souveraineté nationale, qui constituait à ses yeux le fondement de son engagement.

Il résume cette évolution par une formule critique : « Le Parti avant la Patrie. » Une orientation qu’il dit rejeter, affirmant que la patrie doit rester au-dessus de toute formation politique. Au cours de son intervention, Cheikh Oumar Diagne s’est également attaqué au concept de « Parti-État », qu’il considère comme une dérive politique.

Selon lui, il existerait un écart important entre le discours tenu par les actuels dirigeants lorsqu’ils étaient dans l’opposition et leur pratique du pouvoir aujourd’hui. Il estime que cette contradiction fragilise la crédibilité du régime et nourrit la défiance d’une partie de l’opinion.

Dans son analyse de la situation nationale, le leader du RV/ACD a jugé que le pouvoir actuel s’enlise dans des polémiques et des confrontations politiques, au détriment des priorités économiques. « Ce régime ne fera rien d’important dans ce pays », a-t-il affirmé.

Il a appelé les autorités à se concentrer davantage sur les enjeux de développement économique plutôt que sur les rivalités politiques. Cheikh Oumar Diagne a également abordé la question du financement de l’économie, dénonçant le coût élevé du crédit au Sénégal. Selon lui, un taux avoisinant les 7 % constitue un frein majeur pour l’investissement des entreprises.

Il a par ailleurs critiqué la forte présence des banques étrangères dans le système financier sénégalais, estimant qu’elles privilégient souvent des logiques de rentabilité à court terme plutôt que le financement du développement.

Pour y remédier, il plaide pour une refonte profonde du système bancaire, monétaire et de l'assurance du pays.

Sur le terrain de la souveraineté économique, Cheikh Oumar Diagne a souligné que des opérateurs turcs, chinois et des consortiums d’entreprises françaises continuent d’occuper des positions stratégiques dans l’économie sénégalaise.

Il estime que cette situation contraste avec l’ambition affichée de bâtir de véritables champions économiques nationaux.

Enfin, il a alerté sur la dégradation du climat des affaires, affirmant que le Sénégal perd progressivement du terrain face à certains voisins, citant notamment Côte d’Ivoire, qui attirerait désormais d’importants investissements internationaux.

Pour lui, ces signaux devraient inciter les autorités à réorienter leurs priorités économiques et à restaurer la confiance des investisseurs.