NETTALI.COM - Entre dénonciation d'un “scandale de 37 milliards” de francs CFA pour l'électrification rurale et critique acerbe de la paralysie des institutions, le leader de la République des Valeurs dresse un réquisitoire sans concession contre le gouvernement actuel. Face à ce qu'il qualifie d'opacité persistante, le député annonce l'ouverture d'une procédure judiciaire à Madrid.
Lors de sa conférence de presse ce 15 mars 2026, Thierno Alassane Sall (TAS) a brossé le portrait d’un Sénégal en proie à une "crise multidimensionnelle" où l’urgence sociale se heurte, selon lui, à l’incompétence et aux calculs politiciens de l’exécutif. Pour le député, le décalage entre les discours officiels et la réalité du pays est devenu insoutenable.
Du malaise profond dans l’éducation aux difficultés du monde rural “où les producteurs d’arachide peinent à écouler leurs récoltes”, TAS dénonce un gouvernement déconnecté. “Les Sénégalais n’attendent pas des rivalités politiques. Ils attendent des décisions, de la clarté et de la responsabilité”, souligne le parlementaire. Il fustige particulièrement l’Assemblée nationale, qu'il juge “paralysée” et plus occupée par des “démonstrations d’allégeance” aux deux têtes de l’exécutif que par le contrôle de l’action gouvernementale.
Le dossier ASER : “37 milliards décaissés, rien de visible”
Le coeur de l'intervention a aussi porté sur la chasse gardée de Thierno Alassane Sall : le contrat liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à l’entreprise AEE Power EPC. Le député a rappelé que, malgré le décaissement de près de 40 % du montant du projet (soit 37 milliards de FCFA), l’exécution des travaux sur le terrain ne dépasserait pas 1,5 %.
“Des ressources publiques considérables ont été décaissées, mais les Sénégalais ne voient rien. Le Gouvernement semble aujourd’hui chercher des boucs émissaires, pointant du doigt le ministère des Finances et l’administration des Douanes”, dénonce le leader de la RV.
Face à ce qu’il qualifie de “déni et de diversion” de la part du Premier ministre, Thierno Alassane Sall a décidé de porter l’affaire au-delà des frontières nationales.
L’offensive judiciaire à Madrid
Constatant une absence d'évolution notable de sa plainte déposée au Sénégal en octobre 2025, TAS a annoncé qu'une procédure judiciaire, intitulée “Diligencias Previas 140/ 2026”, a été ouverte le 24 février dernier à Madrid contre l'entreprise espagnole et X. Les autorités espagnoles ont déjà sommé l'entreprise AEE Power EPC et la banque Santander de fournir, sous dix jours, des justifications sur la destination des fonds. “La véritable souveraineté commence par-là : protéger l’argent public et exiger la transparence dans chaque partenariat international”.
Au-delà du scandale ASER, le député a pointé du doigt la gestion des ressources naturelles et énergétiques, citant notamment l'instabilité à la tête de Petrosen EPC (trois directeurs généraux en deux ans) et l'expiration sans plan de reprise de la concession des Industries Chimiques du Sénégal (ICS).
En conclusion, Thierno Alassane Sall a appelé les citoyens à la lucidité face aux ambitions électorales de 2029 qui, selon lui, polluent l'action gouvernementale actuelle. “Il est humain de se tromper dans ses choix. Mais persister dans l’erreur par fierté mal placée et par entêtement est, lui, impardonnable”, a conclu l'opposant.






