NETTALI.COM - Dans une offensive pour la reprise en main des ressources naturelles du pays, le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé les conclusions d'un audit accablant sur les Industries chimiques du Sénégal (ICS). Révélant un préjudice financier estimé à plus de 1 000 milliards de FCFA, le chef du gouvernement a acté la fin du partenariat avec les exploitants indiens et annoncé la nationalisation des actifs de la filière.

La renégociation des contrats stratégiques s’accélère. En point de presse, ce jeudi 12 mars 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a placé le dossier des Industries chimiques du Sénégal (ICS) au centre des annonces, avec la perspective d’une profonde restructuration de la filière phosphatière.

« Les travaux menés par le Comité de renégociation des contrats, en collaboration avec l’Inspection générale d’État (IGE), ont mis en lumière des irrégularités majeures dans la gestion et l’exploitation de la filière phosphatière. Ces investigations auraient révélé que le Sénégal a été lésé à hauteur de 1 075 milliards de FCFAdans le cadre des conventions liant l’État à l’entreprise ». C'est du moins ce qu'a déclaré le premier ministre Ousmane Sonko.

Selon lui , « ce manque à gagner s’expliquerait notamment par des avantages indus accordés à l’entreprise, des exonérations fiscales jugées illégales, des redevances non versées, ainsi que par des abandons de créances et diverses opérations financières ayant privé l’État sénégalais de son actionnariat pendant plusieurs année ».

Il a indiqué que les comptes de l’entreprise ont été bloqués afin de contraindre les responsables à s’acquitter de leurs obligations financières. « Cette mesure vise notamment à permettre le recouvrement de redevances estimées à près de 200 milliards de FCFA », a-t-il expliqué.

Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé la décision de ne pas renouveler les concessions minières détenues par les partenaires indiens et la reprise par l’État du Sénégal de l’ensemble des actifs de l’entreprise.

Au-delà de cette reprise, le Premier ministre a esquissé une nouvelle politique pour le phosphate sénégalais. L’ambition affichée est de rompre avec la logique d’exportation de matières premières et de privilégier la transformation locale.

Plus de 360 milliards dans les cimenteries

L’autoroute à péage n’est pas non plus en reste. On parle de nouvelles mesures qui vont permettre à l’État d’engranger 435 milliards par an. Il s’agit principalement de redevance pour le développement des infrastructures routières et autoroutières à hauteur de 15% des revenus projetés et l’augmentation de la redevance domaniale à 10% du chiffre d’affaires projeté. Pour le Programme spécial de développement, le gain attendu est de 24 milliards de francs CFA.