NETTALI.COM - Le bras de fer politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko pourrait connaître une nouvelle phase d’escalade. Selon le quotidien Wal Fadjri, citant des sources proches du dossier, les partisans du leader de Pastef auraient élaboré une stratégie de riposte articulée autour de trois axes principaux : législatif, financier et politique.
Sur le plan législatif, l’objectif prioritaire serait de réformer certaines dispositions du Code électoral, notamment les articles L29 et L30, qui avaient conduit à l’inéligibilité d’Ousmane Sonko lors de la présidentielle de 2024.
Forts de leur majorité écrasante à l’Assemblée nationale (130 députés sur 165), les parlementaires proches de Pastef envisageraient de modifier ces articles afin d’empêcher, selon eux, toute exclusion politique future par voie légale.
Cité par Wal Fadjri, le responsable politique Waly Diouf Bodiang a défendu cette orientation :
« Puisque nous avons la majorité à l’Assemblée nationale, il faut réformer le Code électoral pour que désormais aucun président ne puisse exclure un candidat. Si ces articles n’existaient pas, le président de la République s’appellerait Ousmane Sonko. »
Parallèlement, une offensive budgétaire serait envisagée contre certaines prérogatives financières de la Présidence de la République.
Le député Guy Marius Sagna aurait ainsi annoncé le dépôt d’une proposition de loi visant à encadrer les fonds politiques, souvent appelés « caisses noires ». Dans le même temps, son collègue El Hadji Ousmane Fall a adressé plusieurs questions écrites au gouvernement sur l’utilisation de ces ressources.
Selon le journal, les montants concernés avoisineraient huit milliards de francs CFA inscrits dans la loi de finances 2024. Les initiateurs de cette démarche souhaitent limiter l’utilisation de ces fonds afin d’éviter, selon eux, toute instrumentalisation politique.
Sur le plan politique, Ousmane Sonko chercherait également à redynamiser la coalition APTE, afin de constituer un contrepoids au bloc « Diomaye-Président » récemment lancé par les proches du chef de l’État.
Dans cette optique, un « ndogou de clarification » serait prévu dans les prochains jours dans un hôtel de Dakar. Cette rencontre viserait à resserrer les rangs et redéfinir la stratégie politique du camp Sonko, face à un pôle regroupant notamment Aminata Touré et Abdourahmane Diouf.
Toutefois, même si ces initiatives législatives venaient à être adoptées par l’Assemblée nationale, elles pourraient se heurter à une étape institutionnelle décisive : la promulgation par le président de la République.
En effet, souligne Wal Fadjri, il paraît peu probable que Bassirou Diomaye Faye signe des lois susceptibles de réduire directement les prérogatives ou les marges de manœuvre financières de la présidence.
Dans ce contexte, les observateurs estiment que la rivalité politique au sommet de l’État pourrait encore s’intensifier dans les mois à venir, alimentant un débat sur l’équilibre des pouvoirs au sein de l’exécutif sénégalais.






