NETTALI.COM - Arrêtés pour des faits de violence lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, 17 supporters sénégalais ont été condamnés, jeudi 19 février, à des peines de prison allant de trois (03) mois à un an ferme par le Tribunal de Rabat (Maroc). Ce dimanche 22 février, dans une déclaration, Me Patrick Kabou, avocat de la défense, assure que ses clients ne comptent pas faire appel de la décision, dans le but de protester, entre autres, contre les conditions dans lesquelles les audiences se sont déroulées.

"Pour eux (les supporters condamnés), faire appel de cette décision, c’est cautionner l'absence manifeste de procès équitable, de respect des droits de la défense et des droits des détenus. C' est dans ce sens qu'ils me chargent d'informer l'opinion publique nationale et internationale que la décision rendue par le juge ne peut nullement les concerner", a écrit Me Patrick Kabou, sur Facebook.

L’avocat précise aussi que ses clients "se considèrent comme des otages" en attente de leur libération par "leurs ravisseurs". Selon lui, cette intention de ne pas faire appel est due au fait que devant les enquêteurs et le Procureur du Roi, les supporters "n'ont jamais bénéficié des services d'un avocat ni d'un interprète dans la langue qu'ils maîtrisent, le Wolof". En dehors de cette réalité, ajoute Me Kabou, "ils n'ont jamais pu voir leurs avocats afin de préparer leur défense, du seul fait du Procureur du Roi".

Pour rappel, les peines ont été réparties en trois groupes distincts. Neuf (9) supporters ont été condamnés à un (1) an de prison ferme et devront chacun s’acquitter d’une amende de 5 000 dirhams, soit environ 325 000 FCFA. Six (6) autres écopent de six (6) mois de prison ferme assortis d’une amende de 2 000 dirhams, équivalant à près de 125 000 FCFA chacun. Enfin, les trois (3) derniers sont condamnés à trois (3) mois de prison ferme et devront payer 1 200 dirhams, soit environ 75 000 FCFA par personne.

Si ces condamnations sont exécutoires conformément à la décision rendue par le tribunal, des Sénégalais dont le journaliste Madimabal Diagne, en fuite en France, ont appelé le Président Diomaye Faye à régler le problème "diplomatiquement" par "la demande d’une grâce" au Roi Mohammed VI.