NETTALI.COM - Condamné définitivement pour diffamation en 2023, le Premier ministre Ousmane Sonko est de nouveau devant la justice. À l’initiative de Mame Mbaye Niang, une procédure civile a été engagée devant le Tribunal de grande instance de Dakar, autour du paiement des dommages et intérêts et de soupçons d’organisation d’insolvabilité.

L’affaire opposant le Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Ouvert en audience de répartition ce lundi 2 février au Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le dossier a été renvoyé au 11 février prochain devant la 3ᵉ Chambre civile.

Cette nouvelle procédure trouve son origine dans la condamnation définitive d’Ousmane Sonko pour diffamation en 2023. À l’issue de cette affaire, le leader du Pastef avait écopé de deux mois de prison avec sursis et avait été condamné à verser 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Mame Mbaye Niang, ancien ministre sous le régime de Macky Sall.

Les avocats de Mame Mbaye Niang accusent désormais le Premier ministre d’avoir organisé son insolvabilité afin d’échapper au paiement de cette condamnation financière. La partie civile conteste notamment la mutation du droit au bail d’un terrain de 264 m², lot R/17, situé à la Cité Keur Gorgui, à Dakar.

D’après les conseils de Mame Mbaye Niang, Ousmane Sonko se serait « sciemment appauvri » en procédant au transfert de ce bien, en violation de l’article 200 du Code des obligations civiles et commerciales, qui encadre les actes susceptibles de porter atteinte aux droits des créanciers.

Cette action judiciaire est présentée par l’entourage de Mame Mbaye Niang comme une riposte directe aux velléités de révision du procès initial, notamment l’affaire PRODAC, régulièrement évoquée dans le débat public et récemment remise sur la table par l’actuelle ministre de la Justice, Yassine Fall.

Lors de l’audience de répartition, le juge a ordonné le renvoi du dossier devant la 3ᵉ Chambre civile, afin de permettre aux deux parties de déposer leurs écritures respectives et de produire les pièces sur lesquelles elles fondent leurs prétentions.

Si les décisions antérieures de la Cour suprême ont définitivement clos le volet pénal de l’affaire, le différend entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang est loin d’être terminé. Il se poursuit désormais sur le terrain civil, où les enjeux financiers, juridiques et politiques restent considérables.

Le rendez-vous du 11 février s’annonce ainsi décisif dans un dossier emblématique des tensions persistantes entre les deux hommes, désormais adversaires devant les juridictions civiles.