NETTALI.COM - Début février, l’agenda institutionnel et partisan du pouvoir exécutif sénégalais met en lumière une séquence politique singulière, marquée par deux déplacements majeurs, à la fois complémentaires et révélateurs des dynamiques actuelles au sommet de l’État.

Du 5 au 9 février, le Président de la République entamera une tournée économique dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, deux territoires stratégiques de l’Est du pays. Cette visite s’inscrit dans une logique de suivi rapproché des projets structurants, notamment dans les secteurs des mines, de l’agriculture, des infrastructures routières, de l’énergie et de l’emploi des jeunes. Longtemps considérées comme des zones à fort potentiel mais insuffisamment intégrées aux circuits de croissance nationale, Tambacounda et Kédougou sont au cœur des priorités de l’Agenda national de transformation. La présence du Chef de l’État sur le terrain vise ainsi à accélérer l’opérationnalisation des politiques publiques, à évaluer l’impact réel des investissements et à réaffirmer l’option de développement territorial équilibré prônée par le nouveau régime.

Parallèlement, le Premier ministre, également leader du parti Pastef, effectuera une tournée politique dans le département de Guinguinéo, les 7 et 8 février. Ce déplacement, de nature résolument partisane, intervient dans un contexte marqué par des débats internes, des tensions politiques latentes et la nécessité, pour la majorité au pouvoir, de consolider sa base militante. Guinguinéo, zone politiquement sensible et historiquement disputée, constitue un terrain stratégique pour renforcer l’ancrage local du parti présidentiel, remobiliser les militants et préparer les prochaines échéances électorales.

Ces tournées croisées, menées simultanément par le Président et son Premier ministre, illustrent une double temporalité du pouvoir : d’un côté, l’exercice institutionnel centré sur la gouvernance, la relance économique et la transformation structurelle du pays ; de l’autre, la gestion politique du rapport aux bases, indispensable à la stabilité et à la pérennité de l’action gouvernementale.