NETTALI.COM - En déplacement au Maroc, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu un discours sans détour sur le fonctionnement de la justice au Sénégal. Devant la communauté sénégalaise établie dans le royaume chérifien, il a dénoncé ce qu’il considère comme des dysfonctionnements profonds de l’appareil judiciaire, tout en précisant que ses critiques ne visaient pas l’ensemble des magistrats.
Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est exprimé mardi devant les Sénégalais vivant au Maroc, à l’occasion d’une rencontre organisée à Casablanca. Profitant de cet échange, le chef du gouvernement est revenu sur ce qu’il considère comme l’un des maux structurels du pays : le fonctionnement de la justice.
« Quand la justice ne marche pas, c’est tout le reste qui est anéanti. L’un des problèmes fondamentaux de ce pays, c’est la justice. Et rien n’est fait pour la changer », a-t-il déclaré, estimant que les insuffisances de l’institution judiciaire ont des répercussions directes sur l’ensemble de la vie nationale.
Selon Ousmane Sonko, les difficultés observées au sein de la justice freinent les réformes, sapent la confiance des citoyens et compromettent le bon fonctionnement de l’État. Il a toutefois pris soin de nuancer son propos, soulignant que sa critique ne concernait pas tous les magistrats.
« Ce n’est pas tous les magistrats », a-t-il précisé, marquant ainsi une distinction entre la majorité des acteurs de la justice et un groupe restreint qu’il met en cause.
Le Premier ministre a en effet pointé du doigt l’existence de ce qu’il a qualifié de « clergé » au sein de l’institution judiciaire. Selon lui, ce groupe se livrerait à des pratiques contestables et jouerait un rôle négatif dans le fonctionnement de la justice. « Il y a un clergé qui passe son temps à faire le sale boulot dans cette justice », a-t-il affirmé, sans toutefois donner davantage de détails sur l’identité ou les méthodes de ce groupe.
Ces déclarations, qui s’inscrivent dans la continuité de prises de position antérieures du président du Pastef, interviennent dans un contexte de débat récurrent au Sénégal sur l’indépendance de la justice, son efficacité et la nécessité de réformes profondes du système judiciaire.






