NETTALI.COM - Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) n’en a pas fini avec les Marocains. Après sa réponse assurant de la détermination du Sénégal à répondre face aux menaces de plainte des Marocains, Abdoulaye Fall a cette fois-ci attaqué frontalement la Fédération royale du Maroc de football (FRMF), qu’il accuse de contrôler la Caf.
Les langues ne cessent de se délier, une semaine après la finale abracadabrante entre le Sénégal et le Maroc (1-0 a.p). Malgré les appels à apaiser les tensions de la part des autorités des deux pays, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) en a rajouté une couche. A l’occasion de la journée “Sargal Abdoulaye Fall”, organisée par organisée par la déléguée générale à la DER/FJ (Déléguée générale à l’entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes), Aïda Mbodj, Abdoulaye Fall revient sur les péripéties de cette rencontre à Rabat. “Le Maroc n’a jamais pensé pouvoir perdre cette Coupe d’Afrique, surtout après s’être qualifié en finale, avance-t-il. Il n’y a jamais eu un pays qui s’est opposé autant au Maroc comme le Sénégal l’a fait”, a-t-il affirmé.
Le président de la FSF a dénoncé la mainmise du Maroc sur l’instance dirigeante du football africain. “Ils (les Marocains) contrôlent la viceprésidence de la CAF. Ils ont les moyens et ils contrôlent la CAF. Les autres pays ont peur du Maroc. Ils ont peur de prendre position contre le Maroc. Fouzi est mon ami, on est très liés, mais il y a des choses qu’on ne négocie pas. Et c’est peut-être pour ça que nous en sommes arrivés là, jusqu’à gagner la coupe.”
“En réalité, nous avions tout compris…”
Il semble que le président Abdoulaye Fall en avait trop gardé dans son coeur pour se taire. Il a profité de cette tribune pour s’épancher. Selon lui, les fédéraux avaient pressenti les obstacles bien avant la finale. C’est pour cette raison que le Secrétaire général de la FSF a été envoyé en mission à Rabat pour une mission de prospection. “C’est parce ce qu’on avait déjà demandé à la CAF et à la FRMF dans quel hôtel allionsnous loger. Ils nous ont sifflés un nom d’hôtel à 24 heures de notre départ pour Rabat. Mais Sow m’a clairement dit que l’équipe nationale n’allait pas loger dans cet hôtel. Pourtant tous les autres adversaires du Maroc ont accepté de loger là-bas.” Le Sénégal a refusé de loger dans l’hôtel qui lui a été proposé. “D’habitude, ce sont nos équipes de jeunes qui y logent. C’est un hôtel qui se trouve dans le centre-ville, où il y a la pollution sonore.”
Il faut dire que le bras de fer entre le Sénégal et les organisateurs a été âpre. S’exprimant sur le terrain d’entrainement des Lions pour la préparation de la finale, M. Fall a vigoureusement fustigé l’attitude de la Caf et du Maroc de vouloir “forcer” l’équipe sénégalaise à s’entraîner au centre Mohamed VI, centre de préparation des Lions de l’Atlas. “Quand on a reçu la notification, on a tout simplement refusé d’aller visiter. J’ai visité ce camp à plusieurs reprises. Au Sénégal, Il n’y a pas un camp plus moderne que celui-là. Le problème est que, une fois dedans, tu n’as plus de secret. Tout ce que tu fais, est su par tes adversaires. Alors, pourquoi vouloir nous imposer ce camp pour une finale ? On a refusé catégoriquement. Vous avez aussi remarqué l’arrivée des Lions à Rabat. Il n’y avait aucune mesure de sécurité. Ce que nous avons déploré.”
Face à ces agissements jugés inacceptables envers une équipe finaliste d’une Can, la Fédération sénégalaise de football a sorti un communiqué pour dénoncer. “Après, on a eu à discuter avec le président de la CAF et celui de la FRMF. Problème, Leekja remettait constamment la faute sur la CAF, alors que la CAF disait le contraire. J’ai automatiquement remarqué qu’ils essayaient de faire le malin avec nous. C’est comme ça qu’on a communiqué là-dessus.” Les fédéraux ont obtenu gain de cause à la suite de discussions avec le président de la FRMF.
“Le président de la Fédération royale marocaine de football m’a appelé, vers 1h30 du matin, en me demandant ce qui se passait. Je lui ai clairement dit qu’on ne va jamais jouer dans ces conditions. Puis il m’a convoqué dans son cabinet, au ministère des finances. J’étais avec Khalilou Fadiga. On était trois dans son bureau. Je lui ai fait savoir que les conditions de sécurité pour l’équipe nationale du Sénégal étaient inacceptables. Puis on a trouvé un terrain d’entente concernant notre lieu d’entraînement.”
A propos des tickets d’entrée au stade, Abdoulaye Fall a indiqué avoir reçu que “trois tickets” pour la délégation de l’équipe nationale sénégalaise. “Je n’avais aucune autre possibilité pour en acheter d’autres. Vous trouvez ça normal pour une équipe finaliste de la CAN ? Vous trouvez normal que tout revienne au Maroc ?”, s’est-il offusqué, avant de soulever la question de la désignation de l’arbitre.
A l’en croire, la CAF n’a pas respecté le délai réglementaire pour l’annonce de l’identité de l’arbitre qui doit officier pour la finale. “Deux jours avant la finale, nous devions connaître l’identité de l’arbitre. Cela aurait dû être annoncé lors d’une commission technique. On a demandé, mais on nous a dit qu’il n’y avait pas encore d’informations concernant l’identité de l’arbitre. Vous savez, il y a un délai pour faire une réquisition, pour contester la désignation de l’arbitre, s’il ne vous convient pas. C’est seulement à 22h, la veille du match, qu’on a reçu la notification. Leur justification par rapport à cela, était qu’ils voulaient protéger l’arbitre, pour pas qu’il soit mis sous pression. Mais en réalité nous avions tout compris.”
Au final, le président de la FSF ne peut qu’être d’accord avec l’acte du sélectionneur national demandant à ses joueurs de quitter la pelouse quand l’arbitre a sifflé le penalty en faveur du Maroc. “On est entièrement d’accord avec lui. Même nos dirigeants sont d’accord avec lui (Pape Thiaw). Il y a des détails que je ne vais pas expliquer ici. À un moment, on était descendus sur la pelouse pour demander à nos joueurs de reprendre le match, pour ne pas abandonner la rencontre.” Il a même supposé que c’est à cause de ces conditions dont certains pays ont été “victimes” qu’ils n’ont pas pu aller plus loin, malgré la qualité leurs équipes. “Nous, nous avons su anticiper et veiller. Au-delà des performances sportives, nous avons des très grands dirigeants. C’est l’autre force du Sénégal.”
Des propos offensifs qui risquent d’envenimer la polémique, surtout sur les réseaux sociaux où Marocains et Sénégalais s’adonnent à des échanges de mots frisant l’outrage.
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