NETTALI.COM - La coalition présidentielle « Diomaye Président » fait face à sa première grande zone de turbulence depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Au cœur de la controverse : la répartition des billets pour le pèlerinage à La Mecque, offerts par le chef de l’État, un dossier devenu hautement sensible au sein de la mouvance au pouvoir.
La gestion du processus suscite colère, frustration et accusations de favoritisme, ravivant des tensions internes qui fragilisent l’unité de la coalition. Aminata Touré, figure majeure de l’appareil présidentiel, est directement mise en cause par certains responsables politiques.
Parmi eux, Serigne Modou Guèye, membre de la Conférence des leaders, dénonce une gestion jugée opaque et partiale. Il affirme que des bénéficiaires proches de Mme Touré auraient été privilégiés, au détriment de militants historiques de la coalition. « Des personnes arrivées tardivement sont récompensées, tandis que ceux qui ont soutenu Sonko et Diomaye dans les moments les plus difficiles sont ignorés », a-t-il déclaré.
Le leader de l’Union Patriotique (UP/Beug Sa Rëw) va plus loin, accusant l’ancienne Première ministre de fragiliser délibérément la coalition. Selon lui, certains billets auraient été attribués à des transfuges ayant soutenu l’opposition lors de la dernière élection présidentielle. Il évoque également la présence, parmi les bénéficiaires, d’un individu cité dans des affaires de malversations de fonds publics, qualifiant la situation d’« inadmissible » et appelant le Président à prendre ses responsabilités.
Serigne Modou Guèye estime par ailleurs que cette polémique s’inscrit dans une continuité, rappelant l’épisode controversé de la réception de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Palais présidentiel, où la distribution des invitations aurait, selon lui, manqué de transparence. Il s’interroge sur l’éventualité d’un agenda caché et appelle à un changement de méthode.
Cette affaire, qui prend de l’ampleur dans l’opinion et au sein des cercles politiques, menace la cohésion de la coalition présidentielle, à un moment jugé crucial pour la stabilité politique et la mise en œuvre des réformes de l’État.






