NETTALI.COM - La Chambre criminelle de Dakar a renvoyé, ce mercredi, l’examen de l’affaire de la pouponnière « Keur Yeurmandé » au 10 février prochain, afin de permettre la citation régulière des témoins, des parties civiles et des autres accusés placés sous contrôle judiciaire. La principale mise en cause, Ndella Madior Diouf, reste en détention.
L’audience a été marquée par une demande de liberté provisoire introduite par la défense de Ndella Madior Diouf. Son avocat, Me Aboubacry Barro, a plaidé des considérations humanitaires, évoquant notamment le décès du père de sa cliente survenu pendant sa détention. Il a également soutenu que l’accusée avait accueilli des enfants en situation de détresse dans le but d’éviter des cas d’infanticide, allant jusqu’à proposer le port d’un bracelet électronique comme mesure alternative à l’incarcération.
Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu le ministère public. Le procureur a opposé un refus catégorique, mettant en avant la gravité exceptionnelle des faits reprochés, le risque de trouble à l’ordre public ainsi que la nécessité de préserver la sérénité des débats. Il a également évoqué un risque de collusion entre les différents protagonistes du dossier.
Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire et décidé du maintien en détention de Ndella Madior Diouf.
Pour rappel, Ndella Madior Diouf et ses coaccusés sont poursuivis pour dix chefs d’accusation, parmi lesquels la traite de personnes, l’exercice illégal de la médecine, la privation de soins ayant entraîné la mort, la mise en danger de la vie d’autrui et l’homicide involontaire. Placée sous mandat de dépôt en décembre 2023 en même temps que son assistant Cheikh Tidiane Ndiaye, elle demeure incarcérée. Seize autres prévenus dans cette affaire bénéficient, quant à eux, d’un contrôle judiciaire ou d’une liberté provisoire.






