NETTALI.COM - A son siège, le mardi 13 janvier, l'Alliance pour la République est revenue sur ce retournement de situation dans l'affaire Farba Ngom. L'ancien régime estime que d'aucuns usent de la justice pour éliminer de l'opposant.

Comme il fallait s'y attendre, l'Alliance pour la République a commenté ce nouvel épisode dans l'affaire Farba Ngom. L’APR est dans l'incompréhension et parle dès lors d’”hérésie juridique” dans la mesure où le principal concerné a recouvré sa liberté, tandis que son présumé complice reste en prison. Dans l'entendement de cette frange de l'opposition, c'est tout simplement la volonté du chef du gouvernement lui-même qui a été satisfaite par une justice à sa solde.

L'annonce de la libération de Farba Ngom et de Tahirou Sarr dans la journée du 12 janvier 2026 a été accueillie positivement par l'ensemble des populations du Sénégal. Mais cette joie fut de courte durée du fait d'un appel, contre toute attente, du procureur du parquet financier du Premier ministre Ousmane Sonko”, commente le porte-parole du jour, Seydou Gueye.

Celui-ci en rajoute une couche, estimant que le PM ne poursuit que son dessein de “ridiculiser la justice en demandant, après un rabat d'arrêt, la réouverture de son procès pour sa candidature hypothétique en 2029. Cette décision de justice d'hier est un scandale jamais vécu dans l'histoire de notre pays”.

Les apéristes se disent tout de même confortés dans leur position de départ. En effet, Seydou Gueye et ses camarades ont toujours soutenu que cette affaire Farba Ngom reste un acharnement envers un personnage politique qui pèse lourd dans le nord du pays. “Cette opposition à la libération de l'honorable députémaire des Agnam, Mouhamadou Ngom dit Farba, traduit un acharnement contre un homme qu'ils ne prennent plus comme un adversaire politique, mais plutôt comme un ennemi à abattre. Cette décision de maintenir le député Farba Ngom en prison nous conforte dans notre position que ce dossier est purement politique”, nous fait savoir M. Gueye. Enfin, les Républicains ont voulu mettre les citoyens devant le fait accompli dans cette histoire qui concerne le maire des Agnam. “Les Sénégalaises et les Sénégalais et tous les citoyens épris de justice ont fini par être convaincus de l'acharnement et de la volonté de musèlement pour casser de l'opposant”.

Au-delà de Farba Ngom, l'ancien porte-parole du gouvernement sous le régime du président Macky Sall estime que c'est toute la justice sénégalaise qui en prend un sacré coup. Argumentant davantage, il prévient contre des conséquences pouvant être encore beaucoup plus fâcheuses. “Cet acte posé par le procureur du parquet financier après l'ordonnance de libération provisoire accordée par le juge d'instruction fragilise l'État de droit et sonne le glas de la crédibilité de l'institution judiciaire, qui est le dernier rempart pour garantir notre commun vouloir de vie commune”.

L'Alliance pour la République et ses alliés, fidèles à leur posture de “défense de la République et de l'État de droit”, entendent cependant faire face au “régime totalitaire de Pastef”. Pour l'APR, cette lutte s'amorce d'abord par avoir une pensée à l'endroit de celles et ceux qui ont goûté à la déferlante judiciaire. “Notre parti exprime son soutien total aux camarades de parti et aux citoyens sénégalais injustement privés de liberté, comme : Pape Malick Ndour, Lat Diop, Ismaël Madior Fall, Mamina Daffé, Moustapha Diop, Aïssatou Sophie Gladima Siby, Jérôme Bandiaky, Ndeye Saly Diop, Soya Diagne, Maodo Malick Mbaye, Madiambal Diagne”, a énuméré Seydou Gueye. Pour tirer d'affaire tout ce beau monde, l'Alliance pour la République, de connivence avec toute l'opposition, va mettre en place une approche bien ourdie. “À cet effet, un plan d'action sera mis en oeuvre pour la restauration de l'État de droit et la défense de la République auprès de la société civile, des autorités religieuses, des représentations diplomatiques et de toutes les forces citoyennes organisées. La date d'une grande marche nationale vous sera incessamment communiquée”, annonce Seydou Gueye.

Pour rappel, incarcéré depuis près d’un an, Farba Ngom a été mis en examen en février 2025 pour plusieurs infractions, dont “association de malfaiteurs en vue de blanchiment”, “blanchiment” ou encore “escroquerie portant sur les deniers publics”. Les ennuis judiciaires du maire des Agnam, l’un des fiefs de Macky Sall, ont commencé après un signalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) pour “activités suspectes de blanchiment de capitaux”. Le préjudice est évalué à plus de 120 milliards de F CFA (183 millions d’euros). Mais ce lundi, contrairement à Farba Ngom, Tahirou Sarr a recouvré la liberté ce 12 janvier. Il bénéficiait lui aussi d’une ordonnance de libération provisoire sous contrôle judiciaire et, dans son cas, le parquet financier n’a pas fait appel, alors même qu’il est considéré par l’accusation comme l’auteur principal et Farba Ngom comme son complice.