NETTALI.COM - Le maintien en détention du député-maire des Agnam, Farba Ngom, à la suite de l’appel interjeté par le parquet financier contre son ordonnance de liberté provisoire, suscite une vive controverse. Pour Abdou Mbow, cette décision illustre une instrumentalisation préoccupante de la justice à des fins politiques et une atteinte grave au principe d’égalité devant la loi.
Le parquet financier a interjeté appel de l’ordonnance de mise en liberté rendue par le juge d’instruction, suspendant ainsi son exécution et prolongeant le maintien en détention du député-maire des Agnam. Cette décision appelle une dénonciation claire et sans détour : le pouvoir en place persiste dans une entreprise aussi ubuesque que dangereuse, consistant à vouloir briser un opposant politique par l’acharnement judiciaire.
Jamais, dans l’histoire récente du Sénégal, nous n’avons eu à ce point le sentiment d’une justice entêtée, voire instrumentalisée, pour justifier des choix politiciens dictés par un pouvoir animé par l’esprit de vengeance. Notre collègue Mouhamadou Ngom, dit Farba, demeure aujourd’hui en prison, pendant que son coaccusé, poursuivi pour les mêmes faits dans le même dossier, a recouvré la liberté.
Cette situation traduit, une fois encore, la volonté manifeste du régime en place de maintenir Farba Ngom derrière les barreaux sans raison objective valable. Comme tous les Sénégalais attachés à la démocratie et à l’État de droit, nous dénonçons avec fermeté cette forfaiture et exigeons sa libération immédiate et sans conditions.
Le pouvoir actuel, incarné par un Premier ministre animé par une volonté de revanche et une obstination frôlant l’irrationnel, a désormais démontré l’échec total de ce qu’il appelle la « reddition des comptes », devenue dans les faits un règlement de comptes politique.
Comment expliquer, autrement que par un acharnement personnel à peine dissimulé, que Tahirou Sarr soit libéré alors que les deux hommes sont poursuivis pour les mêmes infractions, sur la base des mêmes faits, dans une procédure unique ? Plus troublant encore, les motivations retenues par le juge d’instruction pour accorder la liberté provisoire seraient identiques, rédigées dans les mêmes termes, pour les deux mis en cause.
Pourtant, le parquet n’a interjeté appel que contre la décision concernant Farba Ngom. Une démarche sélective qui constitue une atteinte flagrante au principe constitutionnel d’égalité devant la justice.
Cette manœuvre est le fait du procureur, agissant sous l’autorité du ministre de la Justice, lui-même — ou plutôt elle-même — exécutant les orientations politiques du Premier ministre Ousmane Sonko. C’est une honte pour notre démocratie. La justice est ainsi domestiquée et dévoyée à des fins politiques.
La justice, la vraie, incarnée par le juge indépendant, avait pourtant tranché : Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient bénéficier de la liberté provisoire. Le procureur, aux ordres du pouvoir politique, s’y oppose pour l’un et l’accepte pour l’autre. Cherchez l’erreur.
C’est le saccage méthodique de nos institutions.
Rendez-vous devant l’Histoire.






