NETTALI.COM - Dans un communiqué rendu public, l’Alliance Pour la République (APR) a livré une analyse très critique de la situation nationale, qualifiant l’année 2025 de l’une des plus difficiles jamais vécues par le peuple sénégalais. Le parti de l’ancien président Macky Sall met en cause la gouvernance du tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko, qu’il accuse d’incompétence, de reniements et d’incapacité à apporter des réponses crédibles aux défis économiques, sociaux et politiques du pays.
L’Alliance Pour la République (APR), principale formation de l’opposition, estime que l’année 2025 restera gravée comme « l’une des plus dures et des plus éprouvantes » pour les Sénégalais. Dans un communiqué signé par son Secrétariat exécutif national, le parti décrit un climat marqué par une crise multidimensionnelle affectant profondément le quotidien des populations.
« Abandonnés à leur triste sort face à une crise politique, économique, sociale et morale exceptionnellement grave, nos compatriotes vivent à la limite de l’humainement acceptable », affirme le document, qui dresse un tableau sombre de la situation nationale.
L’APR accuse le régime en place d’avoir multiplié les reniements politiques et les “forfaitures emblématiques”, sans toutefois en préciser la liste exhaustive. Le parti évoque également l’échec de la tournée économique du président de la République en Casamance, estimant que cette initiative n’a débouché sur aucune perspective concrète de redressement.
Sur le plan institutionnel, l’opposition rejette fermement la volonté du gouvernement d’engager des réformes constitutionnelles par voie parlementaire. Selon l’APR, le Sénégal, qui a connu « trois alternances démocratiques et pacifiques », ne souffre pas d’un problème institutionnel.
« Le problème du Sénégal n’est pas institutionnel. Il est économique, social et relève d’une gouvernance en dessous des standards », tranche le communiqué.
Sur le plan économique, l’APR parle d’un « blocage économique », conséquence, selon elle, de mesures gouvernementales « tatillonnes, ineptes et hasardeuses ». Le parti d’opposition dénonce une diplomatie affaiblie, un système éducatif laissé à l’abandon, une agriculture en difficulté persistante, ainsi que l’ampleur du chômage et la cherté de la vie.
La formation politique souligne également les difficultés quotidiennes de la ménagère sénégalaise, qu’elle considère comme l’un des symboles les plus visibles de la dégradation du pouvoir d’achat.
Par ailleurs, l’APR s’interroge sur l’annonce par le gouvernement de la mobilisation de « dizaines de milliards de francs CFA en seulement deux jours », en dehors des circuits financiers habituels. Cette opération est qualifiée d’« ingénierie financière douteuse » et interprétée comme un « cinglant aveu d’impuissance coupable ».
Sur le plan politique, le communiqué évoque de fortes tensions internes au sein de l’Exécutif, allant jusqu’à parler d’une « lutte mortelle entre les deux têtes de l’État », qui empêcherait toute action gouvernementale cohérente au bénéfice des populations.
L’APR s’attaque également au Premier ministre Ousmane Sonko, qu’elle accuse de chercher à « mobiliser un pan du système judiciaire » dans le cadre de la procédure pendante devant la Cour suprême, liée à l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Le parti appelle les magistrats à faire preuve d’indépendance et à ne céder à aucune pression politique.
Face à ce qu’elle qualifie de situation « insoutenable », l’Alliance Pour la République estime que « vaincre le pouvoir du Pastef est la seule voie salutaire » pour sortir le pays du marasme actuel. Le parti affirme vouloir incarner une alternative capable de répondre aux aspirations économiques, sociales et démocratiques du peuple sénégalais.






