NETTALI.COM - La Fédération sénégalaise de football (FSF) fait face à un déficit financier estimé à près de trois milliards de francs CFA, une situation héritée en partie du passé et aggravée par le financement du projet de rénovation du stade Demba Diop. L’information a été rendue publique mardi par le président de la FSF, Abdoulaye Fall, lors du séminaire de présentation de la stratégie « SMART FSF 2028 » et de l’application « Go Gaindé ».
Selon Abdoulaye Fall, ce déficit n’est pas nouveau. « Si l’on se réfère aux états financiers arrêtés à la fin de l’année 2024, le déficit s’élevait à 2,4 milliards de francs CFA », a-t-il précisé. Cette situation résulte de deux facteurs majeurs : une dette héritée d’environ 900 millions de francs CFA et un défaut de couverture financière lié au stade Demba Diop, évalué à 2,4 milliards de francs CFA.
Concernant ce projet d’infrastructure, le président de la FSF a expliqué que la Fédération devait assurer 60 % du financement, condition exigée pour obtenir l’attestation de couverture financière. « Du côté de la FIFA, le financement est disponible, mais la contrepartie de la FSF ne l’est pas encore », a-t-il indiqué, tout en précisant que des discussions sont en cours avec l’instance internationale afin de bénéficier d’un accompagnement.
Abdoulaye Fall est également revenu sur les difficultés de trésorerie rencontrées au début de son mandat. « En dehors du compte FIFA, qui comptait environ un milliard de francs CFA, nous n’avions même pas 60 millions FCFA sur nos comptes. Les 600 millions attendus ne sont arrivés que six mois après les élections », a-t-il confié.
Dans ce contexte, la FSF a été contrainte d’anticiper certaines dépenses et de recourir à des solutions alternatives pour assurer son fonctionnement. « On nous a critiqués sur la billetterie, mais il fallait trouver des alternatives. Même pour l’équipe nationale, nous étions obligés d’anticiper en raison des retards de procédure avec l’État », a expliqué le président.
Ces efforts ont toutefois permis une certaine stabilisation financière grâce aux recettes des matchs. « Aujourd’hui, nous générons entre 175 et 200 millions de francs CFA par match, ce qui nous a permis de fonctionner », a-t-il souligné.
En conclusion, Abdoulaye Fall a insisté sur l’urgence de réformer le modèle économique de la FSF. « Nous ne devons plus être dépendants uniquement des ressources de la FIFA. Avec le fonctionnement classique, il est impossible de générer les ressources nécessaires. Il faut se moderniser, car nous sommes en retard », a-t-il déclaré, annonçant une stratégie tournée vers le développement de partenariats et de nouvelles sources de financement.
Cette réforme, selon lui, conditionne la viabilité financière et l’ambition sportive du football sénégalais à l’horizon 2028.






