NETTALI.COM - Au lendemain du discours de fin d’année du président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien député libéral Doudou Wade est monté au créneau. Dans une intervention sans concession, l’opposant a livré une critique sévère de l’action gouvernementale, dénonçant un immobilisme qu’il juge préoccupant et un décalage persistant entre les annonces officielles et la réalité vécue par les Sénégalais.

L’ancien parlementaire et président du groupe libéral, Doudou Wade, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du pouvoir en place. Réagissant au discours de fin d’année du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, l’opposant a dressé un réquisitoire sans détour contre ce qu’il considère comme l’absence de résultats tangibles depuis l’arrivée du nouveau régime.

« Nous avons fait 22 mois sans bouger. Nous avons toujours la même trame. Il est temps de s’arrêter et de faire une introspection », a-t-il déclaré lors d’une intervention téléphonique. Pour Doudou Wade, le discours présidentiel, loin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des citoyens, s’inscrit dans une continuité de promesses et de projections qui tardent à se matérialiser sur le terrain.

L’ancien responsable libéral estime que le pays traverse une phase d’immobilisme inquiétant, malgré les espoirs suscités par l’alternance politique. À ses yeux, le gouvernement peine à impulser une dynamique de transformation réelle et mesurable. « On a l’impression d’entendre toujours les mêmes annonces, les mêmes orientations générales, sans que cela se traduise par des changements perceptibles dans la vie quotidienne des Sénégalais », a-t-il déploré.

Doudou Wade a particulièrement ciblé plusieurs secteurs qu’il juge en grande difficulté. « L’école, l’agriculture, l’enseignement, c’est une catastrophe », a-t-il affirmé, dressant le portrait d’un pays confronté à des défis structurels non résolus. Selon lui, ces domaines stratégiques, qui devraient constituer des priorités absolues, souffrent d’un manque de vision opérationnelle et de politiques publiques efficaces.

L’opposant reproche également aux autorités de se réfugier dans une communication abondante, mais peu suivie d’effets. « Ils ne font que se projeter à n’en plus finir », a-t-il lancé, estimant que le temps est désormais venu pour le régime de présenter un bilan honnête et chiffré de son action, plutôt que de multiplier les promesses à moyen ou long terme.

Pour Doudou Wade, cette introspection qu’il appelle de ses vœux devrait permettre au pouvoir de reconnaître ses limites, d’identifier ses échecs et de revoir ses priorités. À défaut, avertit-il, le fossé entre le discours officiel et les réalités sociales risque de s’élargir davantage, alimentant frustrations et désillusions au sein de la population.

Cette sortie critique illustre, une fois de plus, la montée en intensité du débat politique autour du bilan du nouveau régime. Alors que le président Bassirou Diomaye Faye met en avant l’intérêt général, l’unité nationale et la transformation du pays, une partie de l’opposition, à l’image de Doudou Wade, estime que le compte n’y est pas encore et appelle à un changement de rythme et de méthode.