NETTALI.COM - À l’Assemblée nationale, lors des débats sur la seconde loi de finances rectificative (LFR) pour 2025, le député Cheikh Tidiane Youm a mis en garde le gouvernement contre les effets pervers d’un recours accru au marché financier régional. Pointant une menace sur la liquidité bancaire, le coût de la dette intérieure et la stabilité macroéconomique, il a plaidé pour un retour rapide vers les financements multilatéraux, notamment le Fonds monétaire international, qu’il considère comme un gage de crédibilité pour le Sénégal.

Intervenant devant le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, le député Cheikh Tidiane Youm n’a pas caché ses inquiétudes quant aux choix de financement envisagés par l’État dans le cadre de la seconde loi de finances rectificative. Si le parlementaire reconnaît les contraintes actuelles pesant sur les finances publiques, il estime néanmoins que le recours massif au marché régional comporte des risques majeurs pour l’économie nationale.

Selon lui, cette option pourrait entraîner une contraction de la liquidité disponible dans le système bancaire. « Le fait de recourir au marché régional entraînera une baisse de la liquidité, ce qui provoquera des taux bancaires élevés », a-t-il averti, soulignant que cette situation pénaliserait aussi bien l’État que le secteur privé. Une telle dynamique, a-t-il expliqué, pourrait freiner l’investissement, renchérir le crédit et peser durablement sur la croissance économique.

Cheikh Tidiane Youm a également attiré l’attention sur le coût et la structure de la dette intérieure. Contrairement aux financements concessionnels accordés par les institutions internationales, la dette levée sur le marché régional se caractérise par des maturités relativement courtes, généralement comprises entre trois et cinq ans. « C’est une contrainte significative pour les finances publiques », a-t-il insisté, estimant que cette configuration expose le Trésor à une pression constante de refinancement et à un risque accru de tension budgétaire.

Au-delà des aspects techniques, le député a replacé le débat dans une perspective de crédibilité internationale. Pour lui, le Fonds monétaire international demeure un acteur central dans l’architecture financière mondiale et constitue un véritable « label de crédibilité » pour le Sénégal. En ce sens, il a clairement exprimé sa préférence pour un financement appuyé par les institutions financières internationales plutôt que par le seul marché régional.

« La relation avec le FMI rassure les investisseurs, améliore la perception du risque pays et facilite l’accès à des ressources à des conditions plus soutenables », a-t-il laissé entendre, appelant le gouvernement à accélérer les discussions en cours avec l’institution de Bretton Woods. Selon Cheikh Tidiane Youm, un accord avec le FMI permettrait non seulement de soulager la trésorerie de l’État, mais aussi de restaurer pleinement la confiance des partenaires techniques et financiers.

Cette intervention s’inscrit dans un débat plus large sur les choix budgétaires et financiers du gouvernement, dans un contexte marqué par la baisse de certaines recettes, la contraction des dons et la nécessité de maintenir les grands équilibres macroéconomiques. À travers sa prise de parole, Cheikh Tidiane Youm a voulu sonner l’alerte, appelant à une stratégie de financement plus soutenable, mieux équilibrée et davantage tournée vers la stabilité à long terme de l’économie sénégalaise.