NETTALI.COM - Entendu au fond ce mardi par un juge d’instruction du Pôle judiciaire financier, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, a vigoureusement rejeté les accusations d’irrégularités financières portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de francs CFA. Une audition décisive, centrée sur un rapport d’expertise très attendu, qui marque une nouvelle étape dans ce dossier sensible.
L’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, a été entendu ce mardi au fond par le Pôle judiciaire financier (PJF), dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées irrégularités financières évaluées à 2,7 milliards de francs CFA. Cette audition, très attendue, s’inscrit dans la poursuite des investigations ouvertes sur la gestion de ce vaste programme public destiné à promouvoir l’emploi et l’insertion des jeunes dans l’agriculture.
Selon nos informations, les échanges entre le magistrat instructeur et l’ancien responsable du Prodac ont essentiellement porté sur le rapport du cabinet d’expertise Abdoulaye Dramé. Cette mission d’audit avait été ordonnée par le président du collège des juges d’instruction du PJF, Idrissa Diarra, afin d’évaluer l’état d’avancement réel du projet, les conditions de démarrage des activités ainsi que la traçabilité de certaines dépenses jugées insuffisamment documentées.
Au cours de son face-à-face avec le juge, Pape Malick Ndour a catégoriquement contesté les faits qui lui sont reprochés. Il a soutenu qu’aucun détournement de deniers publics n’a été commis dans le cadre de la mise en œuvre du Prodac et qu’aucune irrégularité financière ne saurait lui être imputée. Pour appuyer sa défense, l’ancien ministre de la Jeunesse a produit plusieurs pièces justificatives qu’il estime de nature à démontrer la régularité des opérations financières et administratives effectuées sous sa coordination.
Inculpé le 7 novembre 2025 pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux, Pape Malick Ndour avait été placé sous contrôle judiciaire, assorti du port d’un bracelet électronique. Une mesure que sa défense juge excessive. Ses avocats, Mes El Hadji Amadou Sall, Oumar Youm, El Hadji Diouf, Adama Fall et Moussa Cissé, entendent d’ailleurs saisir le juge d’instruction afin d’obtenir la mainlevée de ce dispositif, estimant que leur client présente toutes les garanties de représentation.
Ce dossier, à forte résonance politique et financière, continue de susciter un vif intérêt, tant par l’importance des montants en cause que par le profil de l’un des principaux mis en cause. L’issue de la procédure dépendra désormais de l’exploitation approfondie du rapport d’audit et de l’appréciation souveraine du juge d’instruction sur les éléments versés au dossier.






