NETTALI.COM - À presque deux ans du règne du PASTEF, le président de la République des Valeurs a dressé un bilan à “mi-parcours” ce mardi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Thierno Alassane Sall dépeint un tableau plutôt sombre aux plans exécutif, législatif et judiciaire.
Dans la foulée du marathon budgétaire qui vient de s’achever, arguments sur la table, Thierno Alassane Sall n’a pas épargné le régime actuel. Entre cette guerre fratricide qui fait rage, sa chasse gardée, l’affaire ASER, et bien plus encore, le député y est allé sans langue de bois. “Cette crise au sommet de l’État qui perdure est assez inédite au sein de notre République. Ce n’est plus un secret pour personne : la guerre est ouverte entre le président et son Premier ministre. Le pire dans cette histoire, c’est que nous ne sommes pas face à des divergences d’idées au nom de l’économie, de la santé, bref pour le bien-être des Sénégalais, mais à une honteuse confrontation de positionnement”, déclare le président de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall.
Décidé à faire feu de tout bois, il ajoute : “Comme dirait l’autre, les hommes d’État bâtissent pour les générations futures pendant que les politiciens s’occupent des prochaines élections, de leur carrière. Ce climat politique délétère aggrave la situation financière et économique du pays. Tous les secteurs sont à l’arrêt ; ce conflit politique est encore une fois la dernière chose dont on a besoin”.
En gros, selon le député, les esprits se sont déjà tournés vers la présidentielle de 2029. Ce qu’il trouve regrettable, dans la mesure où il estime que “les Sénégalais continuent de souffrir”.
Ce que TAS déplore également dans cette histoire, c’est son exposition dans l’espace public. “À l’époque du PDS et plus récemment de l’APR, il y avait toujours des problèmes au sein des régimes. Mais on arrivait à laver le linge sale en famille”. Il souligne également qu’une telle situation “ravit la vedette aux vraies attentes des populations” et constitue “une trahison après tout ce qui s’est passé entre 2021 et 2024”.
Un pouvoir législatif affaibli
Tendre, le candidat malheureux lors de la dernière présidentielle ne l’a pas été vis-à-vis du pouvoir législatif. “J’étais dans la 14e législature, je suis également dans la 15e. Je suis bien placé pour affirmer que ce qui se passe à l’hémicycle est un recul notoire. Les députés n’ont plus cette opportunité de suivre un dossier jusqu’à son terme”. Il développe : “Sous le président Amadou Mame Diop, le parlementaire avait un droit de réponse après avoir posé une question à un ministre, lors des sessions budgétaires notamment. Le PASTEF a supprimé tout cela. Maintenant, l’élu du peuple n’a plus cette occasion d’apporter une réplique à la suite d’une réponse ministérielle, même si elle ne coïncide pas avec la vérité”.
Le pouvoir judiciaire en question
S’intéressant en dernier lieu au pouvoir judiciaire, on comprend que M. Sall établit un bilan en trois temps. Pour évoquer cette troisième question, quoi de plus normal que l’ASER ? Mais c’était loin d’être une simple redite sur une “nébuleuse à coup de milliards de francs CFA”.
Le président de la RV a introduit de nouveaux éléments : “Le nouveau président de la Cour suprême a décidé de confier le dossier à la chambre des affaires civiles et commerciales, ce qui est étrange selon les juristes que j’ai interpellés sur la question, car cela relève normalement de la chambre des affaires administratives. Que les choses soient claires : la Cour suprême ne va pas se prononcer sur les faits ce mercredi, mais juste sur la compétence de l’ARCOP à suspendre le marché”.
Sur un ton ferme, presque menaçant, TAS n’exclut pas d’introduire une plainte auprès de la justice espagnole : “Toujours est-il que si cette mascarade continue, nous nous rendrons en Espagne pour porter plainte devant les juridictions compétentes. L’ASER doit être élucidée une bonne fois pour toutes. Les Sénégalais ont le droit de savoir où se situe la vérité dans cette affaire-là”






