NETTALI.COM - L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a remis en cause la version officielle selon laquelle la Guinée-Bissau aurait été victime d’un coup d’État, mercredi dernier. Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube Symfoni, l’ex-chef d’État, présent dans le pays au moment des faits comme chef de la mission d’observation électorale du Forum des anciens de l’Afrique de l’Ouest, a estimé que l’événement « ne saurait être qualifié de coup d’État ».

« À défaut d’un meilleur terme, je dirais qu’il s’agissait d’un coup d’État symbolique », a déclaré Goodluck Jonathan, ajoutant que la manière dont les événements se sont déroulés « ne correspond en rien aux schémas connus de renversement de pouvoir en Afrique de l’Ouest ».

Il souligne notamment que c’est le président Umaro Sissoco Embaló lui-même qui a annoncé sa propre arrestation présumée, tout en continuant de communiquer librement avec les médias internationaux. « Je suis Nigérian, j’ai vécu assez longtemps pour savoir comment un chef d’État est traité lors d’un vrai coup d’État. Tout porte à croire que personne ne l’a arrêté », a insisté Jonathan.

Ses déclarations rejoignent celles du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, qui évoque une « combine » destinée à bloquer la proclamation des résultats du scrutin du 23 novembre.

Appel à la publication des résultats

Goodluck Jonathan s’inquiète des conséquences de cette intervention militaire sur la stabilité politique de la Guinée-Bissau. Il appelle la CEDEAO et l’Union africaine à faire toute la lumière sur les résultats des élections générales, estimant que les deux organisations disposent d’éléments vérifiables provenant de leurs observateurs déployés dans tout le pays.

« Ils ne peuvent pas changer ces résultats. Ils doivent les compiler et les rendre publics. Ils ont la responsabilité de dire au monde qui a remporté cette élection », a-t-il martelé, demandant aux organisations régionales d’assumer pleinement leur rôle dans la préservation de la transparence électorale.