NETTALI.COM - Interrogé sur les critiques formulées par Madiambal Diagne, qui conteste être mis en cause dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), son président, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, a tenu à rétablir plusieurs principes.

Sans jamais citer le fondateur du groupe Avenir Communication, le patron de la CENTIF a rappelé que l’institution est « tenue à une obligation de réserve » qui lui interdit de commenter publiquement une affaire précise ou d’évoquer des éléments d’un dossier en cours.

Cheikh Bamba Siby a ensuite énoncé trois clarifications essentielles.
Premièrement, a-t-il insisté, la CENTIF « n’est ni une juridiction ni un service de police », mais un organe de renseignement financier chargé de collecter et analyser les opérations suspectes, avant de transmettre ses conclusions aux autorités compétentes.
Deuxièmement, il a souligné que « la chronologie de nos actes est entièrement tracée et documentée » et que les dates figurant dans les rapports correspondent à la fin des analyses et à leur validation collégiale.
Troisièmement, le président de la CENTIF a rappelé que toute contestation d’un document ou allégation d’irrégularité doit être portée devant la justice, « pas dans les médias ».

« Notre rôle est d’apporter un éclairage technique sur des flux financiers suspects. Il appartient ensuite aux juges, en toute indépendance, d’apprécier la valeur et la régularité de nos travaux », a résumé Cheikh Bamba Siby.

Contexte : un mandat d’arrêt toujours actif

Installé en France, Madiambal Diagne reste visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise. Il est poursuivi dans le cadre d’une instruction ouverte par le Pool judiciaire financier pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée et complicité.
L’affaire découle d’un rapport de la CENTIF mettant en lumière des transactions jugées suspectes impliquant une société administrée par le journaliste et l’entreprise française Ellipse Projects.

Cette procédure a conduit au placement sous mandat de dépôt de son épouse et de deux de ses enfants, tandis que l’intéressé dénonce ce qu’il considère comme une affaire à caractère politique.