NETTALI.COM - La décision de la Cour d’appel de Versailles concernant la demande d’extradition de Madiambal Diagne continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Ce mardi, la Chambre de l’instruction a choisi de surseoir à statuer, réclamant à l’État du Sénégal des précisions supplémentaires avant toute décision définitive.
Les juges français exigent notamment la preuve de la qualification pénale des faits imputés au journaliste et homme d’affaires ; la vérification de la régularité du mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise et des garanties d’un procès équitable en cas d’extradition.
Un report que ne digère pas Waly Diouf Bodian, Directeur général du Port autonome de Dakar et cadre influent de Pastef.
Dans une réaction virulente, il accuse la France de se transformer en « paradis pénal pour les délinquants sénégalais ». Selon lui, les demandes de précisions formulées par la justice française ne seraient qu’un stratagème destiné à retarder, voire à empêcher, le transfèrement de Madiambal Diagne vers Dakar. « La France fait des demandes dilatoires pour gagner du temps et nous préparer à avaler la pilule d’un refus immotivé d’extrader », fulmine-t-il.
Le responsable pastefien estime que cette attitude favorise le mis en cause, qui, selon lui, « jubile de la prolongation de l’abandon de sa famille » et se permet même de « s’auto-narguer ».
Pour rappel, Madiambal Diagne est poursuivi au Sénégal pour plusieurs chefs, dont blanchiment de capitaux, association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment présumé de 1,176 milliard FCFA via la SCI familiale Pharaon, dans une affaire qualifiée d’« organisation criminelle ».
La prochaine étape de la procédure dépend désormais des éléments complémentaires que Dakar devra transmettre aux autorités françaises avant le nouvel examen du dossier.






