NETTALI.COM- Dans le projet de loi sur la protection des lanceurs d'alerte, il est prévu une prime de 10% des montants recouvrés par le lanceur d'alerte lui-même, mais le président de Legs-Africa , Elimane Kane souligne que l'instauration d'une récompense peut mener à des dérives et règlements de comptes si on n'y prend pas garde.
Le président de legs Afrcica salue la décision de l’État d’instaurer une loi sur les lanceurs d’alerte. Elimane Kane estime que cette initiative peut être intéressant du point de vue de la traque des délinquants qui détournent l’argent . « Ils ne devraient plus dormir tranquillement parce qu’il suffit qu'une personne qui est susceptible de votre entourage soit au courant de malversation se constitue en lanceur d'alerte parce qu'il y a une ressource pécuniaire à espérer » a-t-il dit.
Selon lui, pour autant la future loi reste un couteau à double tranchant dans la mesure où il faut analyser l'impact sur le plan culturel.
« Dans le contexte sénégalais où nous sommes, on n'hésiterait pas à l'utiliser parce que nous sommes dans un contexte d'une société assez divisée aujourd'hui avec des inégalités très persistantes qui amèneront certains à dire que l'autre profite plus que moi de l'argent public, pourquoi je ne le dénoncerez pas pour en profiter aussi. Mais ça remet en cause un certain nombre de valeurs essentielles, fondamentales que nous avons en termes d'évitement de dénonciation parce qu'il y a une solidarité sociale sur la base desquelles nous fonctionnons », a-t-il souligné.
Pour lui , le plus grand risque serait si ça amène vers des règlements de comptes. « C’est ça le risque qu'il faut essayer de mitiger également, que ça n'amène pas donc des règlements de comptes, c'est-à-dire des agitations à tout va, pour nuire à son prochain. Donc, je pense qu'il faut insister sur l'encadrement qui est mis en place par rapport à cette disposition » prévient-il.






