NETTALI.COM - Invitée de l'émission " Jury du dimanche", Hélène Tine a salué le vote de la loi protègeant les femmes enceintes contre le licenciement. Toutefois, l'ancienne députée et présidente du Mouvement pour un Sénégal d’éthique et de travail craint pour l'application et plaide pour l'augmentation de la durée des congés de maternité.

" Je voudrais saluer le vote de cette loi qui va permettre de protéger encore la femme sénégalaise et surtout la femme enceinte. Parce que la femme enceinte vit beaucoup de vulnérabilités, surtout la femme travailleuse", a déclaré Hélène Tine. Elle a salué toutes les organisations qui se sont battues pour que ce projet puisse aller à l’Assemblée nationale. Tout en soulignant que le Sénégal a ratifié la convention 183 qui protège la femme enceinte depuis 2004, l'ancienne députée considère que " le fait de voter cette loi c’est une façon pour notre pays de respecter les engagements contenus dans cette convention.". Parce que dit-elle, " c’est une chose de signer une convention, l’autre chose, c’est d’inclure dans notre arsenal juridique national les dispositions de cette convention qui portent sur la protection de la femme enceinte."

Pour la présidente du Mouvement pour un Sénégal d’éthique et de travail, "cette loi arrive à son heure parce que depuis 7 ans que la Convention a été ratifiée, le Sénégal n’avait pas encore inclus ces dispositions dans notre arsenal juridique." " Il faut maintenant l’inclure dans le Code du travail pour que cela puisse être une réalité", suggère Hélène Tine. Selon elle, " c’est pour prévenir justement sur le fait que certaines entreprises vont craindre de recruter du personnel féminin et pour remédier à cette situation que cette loi-là est votée. Etre femme ne doit pas être le handicap au recrutement. Une femme doit être une force supplémentaire."

Cependant, l'invitée de JDD est préoccupée par l'application de la loi. " Je voudrais aussi interpeller le parlement, parce que, c’est vrai qu’on est en fin de législature, mais il faut s’assurer de l’application et de l’applicabilité de cette loi. Nous avons toujours de très belles lois. Et cette loi a été votée par la majorité des députés. C’est une chose de voter une loi, mais c’est une autre chose de faire les décrets d’application", lance-t-elle à ses ex-collègues. En fait, constate Hélène Tine pour le déplorer " on a beaucoup de dispositions juridiques qui sont là et qui ne sont pas appliquées. Le Sénégal a ratifié la Cedef (Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes) mais beaucoup de dispositions de cette loi n’ont pas encore été appliquées. Surtout quand il s’agit de questions aussi pointues, c’est-à-dire de dire que c’est parce que c’est une femme enceinte, qu'elle ne doit pas être recrutée."

Compte tenu  cette crainte, elle préconise la mise sur pied d'un observatoire pour le suivi de l’application de ces lois-là. " Il faut que les femmes se mettent ensemble pour le suivi de l’application de toutes les lois les concernant ", exhorte-t-elle. Et d'ajouter que " la prochaine étape, c’est de voir comment prolonger la durée du congé de maternité.". Car, argue Mme Tine, "de façon légitime, les femmes devraient avoir six mois de congé de maternité. Parce qu’après l’accouchement, on recommande d’allaiter l’enfant pendant six mois. Maintenant il n’y a pas de crèche dans les lieux de travail. Il n’y a pas aussi de crèches communautaires et j’interpelle sur cette question les collectivités territoriales. Il faut que les 14 semaines de congé de maternité qui sont dans le code du travail et qui sont en déphasage avec les 18 semaines recommandées dans cette convention soient mises à jour."