NETTALI.COMLes Sénégalais et les Chinois en détention préventive suite à l’importante saisie de médicaments dans un immeuble sis à la Patte d’Oie seront fixés sur leur sort le 9 décembre prochain. Ces derniers, qui risquent des peines de 2 ans à 4 ans, ont tout de même obtenu la liberté provisoire.

L’affaire relative à la saisie importante de médicaments dans un immeuble sis à la Patte d’Oie par les éléments de la Sûreté urbaine a été jugée, ce jeudi 25 novembre 2021 , à la barre de la deuxième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar. Les prévenus, quatre au total, encourent des peines allant de 2 ans à 4 ans de prison ferme. C’est ce que le parquet a requis contre eux. Mais, ils peuvent s’estimer heureux pour le moment, d’autant plus que le juge, après avoir mis l’affaire en délibéré pour jugement qui sera rendu le 9 décembre prochain, leur a accordé la liberté provisoire.

Poursuivis pour association de malfaiteurs, vente illicite de médicaments, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux  et faux, les prévenus ont, devant le prétoire, battu en brèche les accusations portées contre leur personne. Évaluée à plusieurs milliards de francs CFA,  la marchandise est constituée de 46,5 tonnes de soluté glucosé, 46 tonnes de dispositif médical, soit 585 cartons sur un total de 5 993.

Dans ses explications pour se défendre, Aliou Bâ ne parle pas de médicaments mais plutôt d’injections. Indiquant qu’il a toujours respecté son serment, il pointe du doigt des concurrents qui, selon lui, veulent le liquider. Son collègue Mamour Niang a embouché la même trompette de dénégations. Il soutient avoir acheté les médicaments trouvés chez lui auprès des Chinois pour des journées de consultation gratuite. Hai Dong Zhang jure ne pas être membre d’une mafia. Sa thèse est appuyée par Bon Wang qu’il avait recruté comme cuisinier. Il a précisé avoir recruté Aliou Bâ après appel à candidatures.

La partie civile entendue comme témoin après son désistement s’est justifiée et a disculpé les prévenus. Selon le pharmacien Assane Mbengue, il y avait juste un problème d’incompréhension mais, après discussion avec les prévenus, il s’est rendu compte que ces derniers avaient agi de bonne foi.

Pour la représentante du parquet, cette affaire est une question de santé publique qui pouvait conduire à des pathologies graves. « Dans leur importation, ils n’avaient pas précisé l’existence de soluté mais il était question de dispositif médical. Cela a été introduit frauduleusement. Ils n’ont pas respecté les règles de stockage. Pire, ils ont entreposé des cartons dans les toilettes. Ils sont tous coupables de vente illicite de médicaments », a fulminé la parquetière.

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple des prévenus qui, selon les avocats, ont été détenus arbitrairement et sont simplement victimes de concurrence déloyale.

Le juge, après avoir écouté toutes les parties, rendra son verdict le 9 décembre prochain.