NETTALI.COM  – De toutes les coalitions de l’opposition, elle est sans doute celle qui fait le plus peur au pouvoir de Macky Sall. Pourtant, Yewwi askan wi est aussi la coalition qui rencontre le plus de difficultés dans le processus devant mener aux locales de 2022. Diagnostic d’un mal prévisible. 

Une grande coalition avec toutes les forces opposées au régime de Macky Sall. Tel était l’ambitieux projet de l’opposition pour les locales de 2022. Résultat : échec. Le Parti démocratique sénégalais (Pds) dont les prétentions étaient difficiles à satisfaire a préféré quitter la bande à Ousmane Sonko, Khalifa Ababacar Sall, Babacar Diop, Déthié Fall, Serigne Moustapha Sy, Boubacar Kamara et compagnie pour monter plus tard la coalition Wallu Sénégal avec certaines formations membres du Congrès de la renaissance démocratique. Qu’à cela ne tienne ! Yewwi askan wi est né avec comme principaux moteurs le Pastef d’Ousmane Sonko, Taxawu Senegaal de Khalifa Ababacar Sall, mais le Pur de Serigne Moustapha Sy. Avec plus d’une trentaine de partis et organisations, cette coalition est sans nul doute la plus grande de l’opposition. C’est en tout cas celle qui semble le plus donner des nuits blanches aux tenants du pouvoir. La preuve : de toutes les sorties des responsables de Benno Bokk Yakaar, Yewwi askan wi qualifié d’opposition radicale est la seule cible. Bizarrement, c’est aussi la coalition qui rencontre le plus de difficultés depuis le début des opérations de dépôt des listes pour les locales de janvier 2022.

Entre Mbour, Matam, Saint-Louis (département), Kédougou, Sahm notaire, Médina Yoro Foulah…, Yewwi risque de ne pas présenter de candidats dans plusieurs communes. Soit ses listes sont forcloses ou rejetées ou alors c’est le mandataire qui transhume avant de disparaître. S’il est vrai que certains éléments de l’administration territoriale montrent parfois une hostilité inqualifiable envers les mandataires de Yewwi, dans bien des cas la coalition ne devra s’en prendre qu’à elle.

Et pour cause ! Très tôt, Yewwi askan wi a placé la barre très haute. La coalition a commis “l’imprudence” de lancer des primaires dans les 557 communes du Sénégal. Du coup, elle s’est retrouvée avec des centaines de candidats aux… candidatures. Pire ou mieux, il a fallu que des partis comme Pastef organisent des primaires en leur sein avant de proposer des candidats à la candidature dans les différentes communes. Un processus qui a pris énormément de temps. Et le retard a été aggravé par les nombreux contentieux que les leaders ont dû trancher. Le cas de Dakar en est une parfaite illustration. Dans la capitale, le processus a pris des semaines avant que le choix ne soit porté sur Barthélemy Dias. La même situation a été vécue à Thiès entre Babacar Diop et Moussa Tine. Pourtant, dans l’un comme dans l’autre cas, les candidats malheureux ont présenté leurs propres listes. Du temps perdu pour rien donc.

Cette perte de temps a rendu difficile la confection des listes. Surtout qu’il a fallu arbitrer sur le nombre de conseillers que doit avoir chaque parti sur chaque liste. Si on y ajoute le cas des mandataires disparus entre temps, on peut aisément comprendre pourquoi Yewwi askan wi va mal dans plusieurs localités du pays.