NETTALI.COM- « Le Sénégal est considéré comme un ilot de stabilité dans un océan d’insécurité et d’instabilité ouest africaine”. Fort de ce constat, Bakary Samb, Directeur de Timbuktu Institut qui participait à  Kédougou, à une rencontre sur les défis sécuritaires, exhorte notre pays à  développer des politiques préventives.

La sous région est sous tension. L’ambiance est électrique dans certains pays limitrophes du Sénégal comme le Mali. Un constat qui fait dire à Bakary Samb, directeur de Timbuktu Institut que “le Sénégal est  considéré comme un ilot de stabilité dans un océan d’insécurité et d’instabilité ouest-africaine“.

Cependant, il indique que le Sénégal a encore le temps de développer des politiques préventives et il ne doit pas attendre d’être dans le temps de l’intervention. “Le Sénégal a le temps de prendre les dispositions nécessaires avec une conscience collective de la sécurité qui doit être la préoccupation de tous. Quelqu’un disait que la sécurité est tellement importante qu’il ne faudrait pas la laisser seulement aux militaires. Mais c’est toute une alliance nationale entre la recherche, le monde de la décision mais également les forces de défense et de sécurité“, a déclaré Bakary Samb qui plaide pour l’implication des populations.

Il a constaté, pour le regretter, que les populations de Kédougou ne sont pas conscientes des menaces qui sont à côté. A son avis, cela prouve qu’il y a un déficit dans la politique de sensibilisation des populations que l’Etat devrait mener. “Il faut assurer une politique de sensibilisation pour que la situation qui se présente au Mali et dans les autres régions ne soit pas au Sénégal. La population doit être associée. Ce qui a rendu aujourd’hui difficile la lutte contre Bokko Haram, c’est que les forces de défense ont perdu la bataille du renseignement. Les populations locales sont un maillon essentiel dans ce travail du renseignent humain“, explique-t-il.

Selon lui, le véritable défi du Sénégal est de faire que si les groupes terroristes arrivent qu’ils ne trouvent pas des couvreuses locales. D’après lui, l’Etat sénégalais doit impérativement gagner la conquête des cœurs qui est plus durable que la soumission des corps. “Cette conquête des cœurs doit se faire par le développent des régions, le désenclavement, l’investissement massif pour que véritablement les populations se sentent concernées. Ce sentiment d’appartenance nationale doit être renforcé chez certaines populations qui son au niveau des frontières“, dit-il.

S’agissant de la situation au Mali, M. Samb estime que c’est du déjà vu. Puisque, rappelle-t-il, le Mali cumule une crise politique, institutionnelle et une crise sécuritaire qui s’empire. “C’est exactement la situation de 2012 sauf que là les groupes terroristes ont pris un ancrage plus étendu notamment dans la zone des frontières et des pays voisins. La sécurité au Mali, les problèmes d’insécurité au Mali ne sont pas simplement des problèmes maliens. Ce sont des problèmes régionaux“, dit-il.