NETTALI.COM – A-t-elle été victime d’une pression excessive depuis ce fameux titre de meilleure élève du Sénégal au Concours général ? A-t-elle été dépassée par les rigueurs de la prépa en France ? Autant de questions que d’aucuns se sont posés au moment où Diary Sow était demeurée introuvable au pays de Marianne. A tel point que de nombreuses personnes entrevoyaient sa disparition, voire un kidnapping et figurez-vous, même le pire. Mais la jeune Sénégalaise est finalement réapparue à travers une sorte de lettre publiée par Serigne M’baye Thiam, ancien ministre de l’Education nationale et non moins parrain de celle-ci.

Mais à l’arrivée la montagne a accouché d’une souris. Diary Sow n’a pas été victime de la pression et a avoué comprendre la surprise et la déception des gens. Elle a ainsi écrit “aussi librement qu’elle était partie” à son parrain pour lui faire part de son état d’esprit du moment. D’autres ont vu pire dans ses écrits. Du toupet tout simplement. Pour avoir osé déclarer avoir « laissé assez d’indices pour qu’on sache qu’elle partait de son plein gré ». On croit rêver.

Une correspondance qui a évidemment mis en colère bon nombre de Sénégalais qui ont désapprouvé le comportement de la jeune femme qui semble avoir réagi de manière un peu désinvolte et même déplacée. Cela, eu égard à la mobilisation de la nation entière, des étudiants sénégalais établis en France et des autorités consulaires et même françaises. Surtout en termes de dépenses de communication (flyers et affichettes), de temps et de débauche d’énergie. Pour beaucoup, c’est après tout avec les deniers des Sénégalais quelle a été formée aussi bien au pays qu’en France.

Dans cette affaire, c’est surtout Serigne Mbaye Thiam qui a été critiqué. Et Dame Mbodji, enseignant et Secrétaire général du Cusems (syndicat enseignant), lors d’une conférence de presse du collectif « Noo lank » a tout simplement dit que c’est l’ancien ministre de l’Education nationale et parrain de la jeune femme qui fait « de la politique politicienne avec » ce fait qui a occupé l’actualité. Pour lui, le pire est qu’on aurait « promis à cette dernière d’être connue partout à travers le monde, alors qu’elle n’est pas la meilleure du monde. » Un point de vue partagé par Momo Dia du collectif « retrouvons Diary » qui a estimé que ce n’était pas du ressort de Serigne Mbaye Thiam de publier des échanges qu’il a eus avec Diary sow. C’est la maman de Diary qui devait être informée avant un quelconque ministre parce c’est elle qui souffre.

Exagération ou pas dans les commentaires et prises de position, l’on ne peut manquer de se demander pourquoi n’aurait-il juste pas fallu publier un communiqué officiel puisque le dossier était devenu une affaire d’Etat pour avoir mobilisé les autorités diplomatiques et consulaires du Sénégal, au lieu de la laisser à la discrétion d’un ministre, fût-il ancien ministre de l’Education et parrain de cette dernière ?

Que l’on sache « l’école d’excellence » instituée sous Serigne Mbaye, ministre de l’Education nationale, est une propriété de l’Etat du Sénégal. Ce qui pose d’ailleurs la question du Concours général sénégalais qui révèle le visage d’une école à deux vitesses, où le nombre d’admis au bac dans certaines écoles, est catastrophique comparé aux résultats obtenus lors du Concours général. Des lycées déploient en effet une énergie phénoménale et des moyens financiers énormes pour investir dans la préparation des futurs lauréats, dans un unique objectif de prestige de l’institution. D’autres y sont même allés de leur souhait de créer une prépa version sénégalaise.

Le Concours général est en tout cas un sujet qui demande une réforme, tant la compétition a aujourd’hui montré ses limites inégalitaire car l’on met en compétition des écoles qui suivent un cursus classique et des écoles qui font en plus des matières telles que l’économie, la technologie, la comptabilité, l’Italien, le russe, le portugais etc plus) sans toutefois mettre en place un système de pondération basé sur le nombre de matières, le sexe (Mariama Ba par exemple) et le nombre de candidats présentés. Bref, un concours à revoir si l’on veut d’un système assaini et équitable.

L’affaire Diary Sow, même si elle a suscité de l’émotion et une mobilisation certaine, n’aura pas finalement mérité autant de levers de boucliers, au regard du dénouement. Aurait-on déployé autant d’énergie pour un élève anonyme ? Assurément non. Et pourtant des jeunes anonymes ou moins brillants, ne devraient pas avoir moins de reconnaissance. Dans cette affaire, il semble qu’il y ait des choses qu’on ne nous dit pas. Pour certains, l’attitude de la jeune femme, relève tout simplement du manque de respect. La preuve qu’il faut d’autant plus de préparation aux jeunes dans le but de leur apprendre davantage l’humilité et le respect au lieu de les encenser alors que les études sont une course de fond avec des péripéties et beaucoup d’embûches.

L’affaire des 94 milliards refait surface. Et cette fois-ci c’est la justice qui se signale à travers une plainte classée sans suite, dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’Affaire des 94 milliards ». Le magistrat instructeur a ainsi rendu une ordonnance, estimant que le plaignant, en l’occurrence Ousmane Sonko ne saurait justifier d’aucun préjudice subi directement par lui. Et la décision d’ajouter en ces termes, que même à supposer la commission d’infractions établie, celles-ci ne sauraient occasionner ou entraîner un quelconque préjudice, ni directement, ni personnellement pour l’auteur de la plainte ou quiconque à l’exception de l’Etat. Ousmane Sonko est en quelque sorte prié d’aller s’intéresser à autre chose, semble dire cette décision. Une sacrée tête de mule que cet opposant qui n’entend pas l’affaire de cette oreille. Il a ainsi mis au défi le procureur et est prêt à indiquer à Serigne Bassirou Guèye le nom de la banque et du compte bancaire où aurait transité l’argent dans le cadre de l’affaire des 94 milliards.

Pendant ce temps, Boubacar Sèye de « Horizons sans frontières », arrêté pour avoir formulé des accusations de détournement contre le gouvernement, reçoit de nombreux soutiens, au sein de la société civile et une bonne partie de l’opposition : les Forces démocratiques du Sénégal (FDS/Les Guelwaars), les mouvements Frapp/France dégage et Y en a marre. Ces dernières, à travers un communiqué conjoint, ont estimé que la mise sous mandat de dépôt de Boubacar Sèye, témoigne “du caractère liberticide du pouvoir de Macky Sall qui persécute continuellement les compatriotes sénégalais épris de justice’’ et indiquent que “les conditions dans lesquelles Boubacar Sèye a été enlevé à l’aéroport, tel un criminel, ne cachent guère une volonté d’humilier et de réduire au silence une figure de la société civile dont la seule faute est d’avoir exigé des comptes sur la gestion des fonds alloués à l’État du Sénégal, dans le cadre de la lutte contre l’émigration »Une situation qui pousse à davantage de curiosité quant aux montants investis. Et EnQuête dans sa livraison de ce vendredi 22 janvier 2021 nous informe qu’entre 2005 et 2019, le gouvernement du Sénégal a reçu des financements conséquents de l’Union européenne, pour régler la crise de l’émigration irrégulière. De nombreux programmes comme la Goana, le plan Reva et plus récemment divers projets et programmes orientés vers la dissuasion des migrations irrégulières, ont englouti des milliards passés au peigne fin par une étude commanditée par la fondation Heinrich Böll Sénégal. Et pour quels résultats ? On aimerait bien savoir.

La pandémie elle, est toujours présente et le nombre de morts grimpe en flèche malgré le couvre-feu prolongé. Les décès de célébrités augmentent. Mais combien d’anonymes morts sont connus ? Toujours est-il que le virus poursuit sa route et pénètre dans la communauté, les universités et les entreprises, à tel point que certains envisagent même le télétravail et l’alternance. De quoi se mobiliser davantage dans la lutte, en attendant le vaccin qui semble désormais être la seule alternative qui s’offre à nous, en dehors des mesures barrières habituelles.

Que Macky Sall doive se vacciner le 1er ou que Diouf Sarr doive aussi s’y mettre, là n’est pas la vraie question. Les gens doivent se rendre à l’évidence que depuis leur bas âge, il y a une tradition de vaccination sous nos cieux que n’ont pas les Occidentaux. Ils doivent savoir qu’en fin de compte que c’est pour eux-mêmes, leurs familles et leurs proches qu’ils doivent le faire. Les autorités sénégalaises ne doivent pas être aussi inconscientes pour oser leur proposer des vaccins inappropriés. Quand même !

Le ministre de la Santé et de l’Action, Abdoulaye Diouf Sarr a ainsi invité sur la TFM, les spéculateurs «qui ne maîtrisent pas les tenants et les aboutissants du vaccin», à laisser les techniciens faire leur travail. “Il faut savoir que les spéculations et la course autour du vaccin ne sont pas spécifiques au Sénégal. C’est plusieurs pays qui entrent en compétition pour s’offrir le vaccin et mettre fin à cette pandémie de covid-19”, a rappelé le ministre Abdoulaye Diouf Sarr qui rassure que le Sénégal a sa propre stratégie nationale qui s’articule sur trois grands axes, citant l’initiative Covax avec plus de 170 pays qui s’unissent pour disposer d’un vaccin. Mais il faut signaler que le président Macky Sall a voulu que le Sénégal soit certes dans cette initiative tout en étant dans sa propre stratégie.

Le ministre Abdoulaye Diouf Sarr a ainsi rappelé qu’il est important de disposer d’un vaccin à utiliser de manière homogène, mais qui garantit toutes les conditions de sécurité. Selon lui, d’ici la fin du premier trimestre de 2021, cette initiative Covax sera bouclée. Cela n’empêche pas alors que le Sénégal s’ouvre certaines portes pour mettre en place des dispositifs d’utilisation d’un vaccin efficace. Affaire à suivre.