NETTALI.COM – Le ministère de l’Environnement et du Développement durable bénéficie pour l’année 2021, d’un budget de près de 44milliards de francs contre 25milliards en 2020. Toutefois, à l’occasion du vote de ce budget, les députés ont exigé des réponses quant au transfert des oryx, la multiplication des feux de brousse. Ils ont insisté sur la nécessité d’équiper davantage les agents des Eaux et forêts.

Sans surprise, l’hémicycle a profité de la plénière d’hier pour demander au ministre Abdou Karim Sall les tenants et aboutissants de l’affaire des gazelles oryx. Au mois de juillet 2020, le transfert de six d’entre-elles dans une réserve privée a occasionné la mort de deux sujets. L’honorable Mamadou Lamine Diallo fait savoir, dans les colonnes de Enquête : “Je doute fort de votre conscience environnementale, parce que les gazelles oryx n’appartiennent plus à l’Etat, depuis la Constitution de 2016. C’est une ressource qui appartient au peuple’’. Son collègue Serigne Mbacké Seck soutient qu’Abdou Karim Sall a perdu la confiance des Sénégalais, car ne sachant faire la différence entre ce qui lui appartient et ce qui appartient au peuple sénégalais. Sur les 585 gazelles oryx que compte le Sénégal, 150 sont actuellement dans les réserves privées de Bandia et de Fatala. Neuf sites au total ont été réquisitionnés (Guembeul, Katané, Parc zoologique de Hann, un site de gestion communautaire et cinq réserves privées).

“Je suis très à l’aise sur cette question pour la simple raison qu’il n’y a rien d’irrégulier, rien d’illégal, engageant ma responsabilité. Le ministre en charge de l’Environne-ment que je suis ne peut pas souhaiter la mort d’une souris, à plus forte raison d’une antilope. Cependant, il est fort regrettable de constater des pertes à l’occasion de la translocation, même si l’Union internationale de la conservation reconnaît que le risque zéro n’existe pas dans de telles opérations. Le Sénégal possède le plus grand effectif d’oryx en milieu naturel au monde. Grâce au Sénégal, la Mauritanie est en train de reconstituer sa population d’oryx. Pour les espèces éteintes à l’état sauvage, la reconstitution des effectifs passe forcément par des élevages en milieu contrôlé. C’est cette politique que le ministère applique’’, explique le ministre de l’Environnement. Qui fait savoir que les Sénégalais peuvent, s’ils le désirent, élever des gazelles oryx.

Tout part d’une procédure d’éligibilité en termes d’espace. “Tout Sénégalais, renchérit-il, qui est capable de nous aider et de nous accompagner dans cette dynamique est le bienvenu et nous sommes dans les dispositions d’étudier sa demande, en vue de mettre à sa disposition ces antilopes’’.

Il ajoute que les éclaircissements de l’Union international de la conservation de la nature (UICN) clôt un débat “qui a été soulevé avec autant d’émotions’’. Dans ce document écrit répondant aux questions du Forum civil, on précise que “s’il était question de translocation internationale, le pays devrait appliquer les conventions internationales auxquelles il a adhéré, mais ce n’est pas le cas, puisqu’il est question ici de translocation à l’intérieur du territoire national. Concernant la destination des animaux à l’intérieur du territoire national, chaque pays est souverain, conformément à son cadre légal’’. Abdou Karim Sall se demande d’ailleurs pourquoi “curieusement’’ le Forum civil n’a pas rendu public cette réponse de l’UICN. Ainsi, c’est face à des contraintes managériales, écologiques et sociales quant à la gestion des 585 sujets qu’est intervenu ce transfert. L’UICN considère de ce fait que “le Sénégal a été victime de son succès’’, car au départ il n’en comptait que huit.