CONTRIBUTION – Dis-moi que là oú tu es, te parviennent les èchos de ce rassemblement de cœurs pétris d’amour, d’esprits tendus d’espoir en leur Seigneur, de corps rompus  à la droiture de ta voie, la Tijâniya, que tu as enseignée, tant que tu  étais parmi nous, chair et os.

Et pourtant par les marques de ton œuvre, voilà encore que ce jour, 23 ans après ton ascension aux divines espaces, après un magistére fait d’épreuves et de grâces, les fils de sang et de cœur, les héritiers des symboles et des valeurs te ramènent parmi nous, si jamais tu en étais absent.

Eh oui, tu es béni parmi les anciens puisque Dieu t’a préservé des tourments d’un héritage perdu parce que les légataires, négligeant les obligations, ont trahi le pacte. Ce sont de tels héritiers que le Coran cite dans ce verset 59 de la sourate Mariam : ” فخلف من بعدهم خلف أضاعوا الصلاة واتبعوا الشهوات فسوف يلقون غيا” (Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils se retrouveront en perdition.”

Et comment pourraient-ils, tes héritiers compter parmi ces générations qui trahissent le testament alors que, tu avais conscience de leur inculquer la gravité de la négligence et la honte qui résultait de cela ? “Mujje puso bi mu reer gàcce la”. Principe éloquent de transmission intergénérationnelle que tu as réussi avec bonheur.

Ton héritage qui se reflète dans ce compendium d’éloges au Prophète, aux saints hommes de la voie de guidance et de droiture, témoigne de ta fidélité au message prophétique et de ta contribution au projet du pére, Maodo, le Grand. Des exhortations pour l’éthique dans la plénitude de sens et l’élégance de l’action, aux suppliques haletantes et palpitante d’ardeur, tendues vers Dieu, cet héritage est là, exposé, transmis pour être guides pour l’action. Il  atteste, ton peuple avec, que tu as accompli et bien accompli ta mission.

N’est-ce pas que c’est ce que tu désirais? Être privilégié par la grâce de Dieu à travers un héritage préservé, valorisé, actualisé? N’est-ce pas que c’est ce qui tu espérais ? Avoir des héritiers, de sang et de cœur, qui comptent parmi ceux que magnifient le Coran dans ce verset 23 de la sourate Ahzâb: “من المؤمنين رجال صدقوا ما عاهدوا الله عليهفمنهم من قضى نحبه ومنهم من ينتظر وما بدلوا تبديلا” (il est parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore. Et ils n’ont varié aucunement dans leur engagement.”

Et voilà qu’en ce jour de Septembre,, témoin de tant d’épreuves mais aussi de tant de grâces, que ceux-là, parmi les croyants sincères dans leur engagement envers Allah, et qui n’ont pas varié,offrent à la face du monde la preuve de leur fidélité par le rappel de ton œuvre. Par la révélation de ce qui est témoin de tes inquiétudes, de tes directives, de ton engagement pour ton peuple, de ton attachement maladif à l’unicité de Dieu, de ta guidance spirituelle, de tes conversations intimes avec toi-même, avec tes maîtres, de ton immersion dans les réalités sublimes sans perdre l’emprise sur la réalité contingente, de ton ivresse dans la passion de Dieu, sans légèreté par rapport aux obligations légales, de ta mystique de l’unité, de ton sacrifice pour la paix, bref de ton humanisme reflet du paradigme apostolique. Telle est le résumé de cette œuvre,empreinte de ton passage parmi nous, marque de la permanence de ton souvenir. Toi l’assouplisseur des cœurs -Dabbâgh, l’incarnation de la bonté Daabaakh.

Abdoul Azize KEBE