NETTALI.COM – Des travailleurs de la Radiodiffusion télévision sénégalaise étaient en mouvement, hier. Ils exigent le départ de leur directeur des ressources humaines (DRH) dont la gestion et les décisions sont décriées par les agents. Ils comptent tenir des sit-in quotidiens.

“DRH, na dema dema dem’’ (NDLR : qu’il parte) scandaient hier, à l’unisson, des agents de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) massés devant l’entrée principale de la structure.

Les manifestants, qui arboraient des brassards rouges à la main, au bras ou encore mis comme foulard à la tête, disent être à bout. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’interdiction faite à l’agent et non moins ancien directeur technique à la RTS, Lucky Patrick Ndecky de se garer dans le parking réservé aux directeurs. Ce geste est assimilé à une humiliation par les agents de la RTS. Il a conduit à l’improvisation d’un sit-in. Puisqu’il a été interdit aux journalistes, venus couvrir la manifestation initialement prévue dans le jardin de l’institution vers 15 h, d’accéder aux lieux. Ainsi, les agents ont fait une déclaration à la porte centrale, interdisant l’entrée aux voitures, pendant plus de 10 minutes. “Nous vous avons conviés à ce sit-in pour mettre fin à un régime dictatorial. C’est sous le magistère de ce DRH que nous avons connu des exclusions, des coupures de salaire et même des renvois. Toutes les mesures que le DRH, en l’occurrence Alioune Thiam, prend, sont impopulaires. Ce matin, il a poussé le bouchon un peu loin. Il a donné des instructions aux forces de l’ordre pour mettre en sabot le véhicule de notre collègue. Chose que nous ne pouvons pas accepter. Cette même situation risque d’arriver à une autre personne, si on la laisse passer sans réagir’’, a dit le secrétaire général du Synpics/RTS, Moustapha Cissé.

Eu égard à toutes ces dérives, les agents exigent sa démission immédiate. Pour expliquer les raisons de la mise en sabot de l’agent de la RTS, Abibou Mbaye, journaliste à la RTS, parle de problèmes avec sa direction générale. Avant de revenir sur quelques conséquences, depuis la nomination du DRH : “Il y a aujourd’hui des agents de la RTS qui démissionnent’’, dit-il.

Au titre des mesures impopulaires, il cite “les conditions non définies dans lesquelles les agents partent en mission’’. Le journaliste demande le règlement de ce problème et dit leur détermination à obtenir justice. “Cet agent va continuer à venir travailler et à garer sa voiture à la place habituelle où il le faisait depuis des années’’, martèle-t-il. Les vivats de la foule et le déploiement des pancartes ont accompagné ses propos. “La RTS est mal gérée. Sauvons ce patrimoine national’’, a-t-on pu lire sur une des pancartes.

Les agents annoncent qu’ils vont tenir quotidiennement des sit-in, et ce à partir de ce lundi, jusqu’au départ du DRH. Au cas où leur demande resterait sans suite, ils vont décider des futures actions, lors des assemblées générales et de réunions ponctuelles. Ils n’excluent pas d’aller jusqu’à demander la démission du directeur général de la RTS, Racine Talla.

ALIOUNE BADARA THIAM (DRH RTS) -“Je suis serein’’

Il serait à la base de tous les maux que vivent les travailleurs de la Radiodiffusion télévision sénégalaise. Alioune Badara Thiam est le directeur des Ressources humaines de la RTS et c’est son départ que réclament des travailleurs de cette boite, suite à ce qu’ils appellent une “humiliation’’ vécue par un des leurs, Lucky Patrick Ndecky. M. Thiam,joint par “EnQuête’’, assure n’avoir donné aucune instruction ayant mené aux faits relatés. “M.Ndecky est venu et a garé sa voiture dans le parking réservé aux directeurs et invités de la RTS. Ce n’était pas la première fois qu’il le fait et à chaque fois qu’il l’a fait, les gendarmes l’ont interpellé pour lui dire qu’il n’y avait pas sa place’’, explique Alioune Badara Thiam. “La première fois, il s’est expliqué avec le gendarme et est parti après. Il a fait cela quatre fois. Quand on m’a informé, j’ai appelé les préposés à la sécurité et ils m’ont expliqué comment les choses se sont passées. Hier, quand il est arrivé, il s’est garé dans le parking des directeurs et c’estle gendarme qui a décidé de mettre un sabot à sa voiture. Quand on m’en a informé, j’ai appelé le chef de la sécurité ; c’est un gendarme, parce que c’est la gendarmerie qui assure la sécurité au sein de la RTS. Il m’a dit qu’il allait d’abord parler à M. Ndecky. Ce qu’il a fait dans son bureau’’, informe le DRH. “Après échanges, M. Ndecky a compris et est parti. Je ne sais pas ce qui s’est passé après et qui a mené à cette manifestation. Ce fait est donc arrivé. Chacun a son opinion surla question. Les interprétations sont libres. Moi, je suis serein’’, dit-il. Concernant les réclamations de son départ, il répond : “On m’aurait demandé de partir avec des arguments, je serais le premier à le faire.’’ Que fait-il alors de ce reproche sur les décisions impopulaires, les démissions, la coupe des salaires ? “Il y a des questions qui relèvent du droit. La contrepartie du travail, c’est le salaire. Si on ne travaille pas, on coupe le salaire. Il y a des moments où j’ai pris des décisions de cet ordre. Alors, si on me traite de méchant, parce que j’applique la règle, je ne sais quoi leur dire’’, réplique-t-il. Et “je ne pense pas que cela mérite de dénigrer un directeur des ressources humaines’’. “Je n’enfreins pas la loi et j’aime être juste dans mes décisions. De tout temps, il y a eu des gens qui ont démissionné de la RTS. Ceux qui l’ont fait sous mon magistère ne l’ont pas fait à cause de moi. Je ne comprends pas ceux qui veulent m’attribuer cela’’, se désole-t-il.

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