NETTALI.COM – Tombée dans les travers de l’overbooking, la nouvelle compagnie aérienne sénégalaise, Air Sénégal Sa, laisse ses passagers à quai. En l’espace d’une semaine, la compagnie dirigée par Ibrahima Kane a abandonné près de 150 passagers à Barcelone et à Madrid, avant d’affréter d’autres appareils ou de faire recours à d’autres compagnies pour rattraper le coup. Un ensemble d’impairs imputable à une direction qui tâtonne et occasionne d’énormes pertes.

La nouvelle compagnie aérienne sénégalaise Air Sénégal Sa traverse des moments pénibles. Ce bébé de 3 ans à peine se rapproche du précipice, si les mesures idoines ne sont pas prises. En effet, selon « EnQuête », il est noté des irrégularités dans son top management qui font tâche. Selon des sources dignes de foi, l’entreprise ne respecte presque plus ses engagements de transporter tous ses clients sur toutes les lignes ouvertes. Résultat des courses : beaucoup d’irrégularités et d’impairs qui font que les passagers trinquent.

Pas plus tard que samedi dernier, 75 passagers d’Air Sénégal Sa ont été laissés à quai, à Barcelone, pour cause de surbooking. La direction générale, pour rattraper le coup et respecter ses engagements a dû envoyer un A319 pour aller les chercher. Mais elle a récidivé cinq jours plus tard.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Air Sénégal Sa est encore tombée dans les mêmes travers de l’overbooking. Et c’est le même vol que la dernière fois, le Hc405 Dss-Mrs-Bcn-Dss en l’occurrence, qui a laissé derrière lui 33 passagers à Marseille et 35 autres à Barcelone, pour un total de 68 passagers laissés à quai. Pour aller les chercher, Air Sénégal Sa a fait appel à une autre compagnie. Ces impairs de gestion ne sont, en effet, que la face visible de l’Iceberg.

Cafouillage

Le cafouillage et le tâtonnement notés au plus haut niveau de la direction générale pèsent sur les orientations et causent beaucoup de désagréments et de pertes énormes.

Habituée à mettre la charrue avant les boeufs, l’équipe directionnelle a ouvert une ligne sur le Nigeria. Alors que les lignes vers Abuja et Lagos ont commencé à être vendues depuis 3 mois, la direction générale n’a même pas encore pris la précaution d’attendre d’avoir l’autorisation. Conséquence : le Nigeria a refusé de donner les droits pendant 10 jours et quand ses autorités ont consenti à le faire, elles ont refusé la 5e liberté à la compagnie Air Sénégal Sa. Ce qui fait que ses vols s’arrêtent à Accra.

De là, elle affrète chaque jour une compagnie nigériane, Arik notamment, pour convoyer ses passagers sur Lagos. Déjà, plus de 150 000 $ sont payés, rien que pour les affrètements.

Pourtant, jusqu’à un passé récent, tout semblait aller dans le meilleur des mondes possibles dans cette entreprise. Récemment, la compagnie aérienne sénégalaise a signé un protocole d’accord (MoU) pour 8 Airbus de type A220-300 à Dubaï. « De nouveaux appareils qui viendront en remplacement progressif des avions monocouloirs actuellement utilisés dans le réseau ouest-africain de la compagnie et seront parfaitement adaptés pour certaines routes européennes », annonçait un communiqué.

Explications du directeur commercial et marketing d’air Sénégal

Pour Assane Sambe, directeur commercial et marketing d’air Sénégal, la situation que traverse la compagnie nationale est liée au business model qui est accès sur le développement de son hub. Or, selon ses explications, « le souci est que, quand on est une compagnie jeune comme Air Sénégal, et qu’on met en place un hub, il y a quelques contraintes ». L’une des contraintes, dit-il, « c’est notre jeunesse et notre parc d’avions. Aujourd’hui, Air Sénégal n’a pas cette capacité à réagir aussi rapidement qu’une compagnie qui est à 70 ou 80 ans d’expérience avec des flottes de 100 à 120 avions.

Une autre contrainte, « quand l’un de nos avions tombe en panne – ce qui arrive, parce que c’est des machines – automatiquement, cela a un impact sur tout le réseau. Parce que chaque vol est connecté à d’autres. Donc, dès qu’un vol tombe en panne, automatiquement, cela chamboule tout le réseau.

Coût de leasing

Par rapport aux coûts de leasing, M. Sambe a indiqué que tout dépend des négociations avec les loueurs d’avions de la période. « Sur une période, s’il y a une forte demande, forcément, les coûts de leasing sont beaucoup plus élevés qu’une période en basse saison ». « Chez Air Sénégal, quand il y a un problème, nous nous efforçons de prendre en charge nos passagers », concède-t-il.