NETTALI.COM – Pour avoir théorisé la nomination du maire de Dakar, le journaliste Cheikh Diallo essuie des critiques qui fusent de partout. Du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop à Seydi Gassama d’Amnesty, de nombreuses personnalités trouvent cette proposition inopportune et anti-démocratique. C’est ainsi que l’ex-homme de confiance de Karim Wade est lynché à travers les réseaux sociaux.  

De la tribune de l’émission Grand Jury, diffusée dimanche passé sur les ondes de la Rfm, l’ancien conseiller de Karim Wade et théoricien de la « Génération du Concret » a proposé la nomination du maire de Dakar par le président de la République. Depuis lors, l’ex-journaliste au desk politique du quotidien national Le Soleil est dans le collimateur de plusieurs acteurs.

« On ne doit pas se réveiller un beau jour et demander au président de la République, fut-il Macky Sall, de désigner le maire de la ville de Dakar. Cela peut entraîner la confusion et l’autoritarisme. Cette proposition est absolument rétrograde », recadre Abdoulaye Makhtar Diop, vice-président à l’Assemblée nationale et Grand Serigne de Dakar.

Auparavant, le directeur exécutif de la Section sénégalaise d’Amnesty, Seydi Gassama, a perçu la proposition comme un « recul démocratique ». « C’est quoi cette proposition saugrenue de faire nommer le maire de Dakar par décret présidentiel ? Nous ne voulons pas de recul démocratique. Le pouvoir central doit respecter la volonté des citoyens et ne pas les punir parce qu’ils ont élu un maire qui n’est pas du camp du PR », a-t-il écrit sur Twitter.

Le professeur Moussa Diaw, enseignant-chercheur en science politique à l’université de Saint-Louis parle « d’aberration » et se demande : « Et si le chef de l’Etat choisissait son frère (Aliou Sall) à la tête de la mairie de Dakar ?». « On est dans une démocratie et la fonction de maire est une fonction élective. Nous sommes dans une démocratie représentative et ce sont les citoyens de la commune qui choisissent le  maire», souligne le politologue, avant de préciser : « La difficulté ce sera pour les populations de sanctionner ce maire-là. Si jamais il y a sanction, l’exécutif ne peut toujours pas partager les mêmes sentiments».