NETTALI.COMLe ministre français de l’Intérieur est attendu à Dakar le lundi 20 mai en fin d’après-midi. Outre le président Macky Sall et le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, Christophe Castener va rencontrer le commandement du nouveau Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi) de la gendarmerie nationale sénégalaise, cette unité d’élite chargée de renforcer le contrôle des frontières. Autant dire que la France, qui rêve d’une Europe de la Défense autonome vis-à-vis de l’OTAN, inspecte le dispositif anti-terroriste du Sénégal.

Le GARSI est le cadre d’intervention du Sénégal dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Cela, après que le pays de la teranga, qui a, pourtant, envoyé des troupes au Mali malgré des réticences, a été écarté du G5 Sahel. L’idée de monter cette force est venue du président Emmanuel Macron, qui a, auparavant, manœuvré en coulisses pour le réchauffement des relations entre le Sénégal et la Mauritanie.  Les liens étroits entre Macky Sall et Moustapha Limam Chafi, l’homme de confiance de Blaise Compaoré, réputé proche des milieux djihadistes, avaient fini d’intriguer le président Abdel Aziz.

Pour une phase de mise en œuvre de 17 mois, le GARSI cherche à renforcer le contrôle des territoires et la lutte contre la criminalité organisée, le trafic des êtres humains et les menaces sécuritaires. Il  est financé à hauteur de 28 milliards F Cfa par l’Union européenne et le Sénégal se retrouve avec 4,2 milliards F Cfa.

C’ est un projet conçu par un consortium d’institutions militaires et policières chargées du maintien de l’ordre dans leurs pays respectifs comme la Gendarmerie nationale française, la Guardia civil espagnole, les Carabiniers d’Italie et la Garde nationale républicaine portugaise. L’implication de toutes ces nations dans la conception explique en quoi le projet GAR-SI Sahel dévoile la nouvelle stratégie militaire de la France, dont le président avait théorisé en septembre 2017 une « Europe de la Défense » autonome vis-à-vis de l’OTAN. « En matière de Défense, notre objectif doit être la capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN », avait théorisé Emmanuel Macron, un brin gaulliste.

Le projet GARSI est « une des illustrations concrètes du partenariat étroit entre l’UE et le Sénégal dans le domaine de la sécurité et de la paix régionale et de leur engagement à promouvoir la paix et la stabilité dans le monde », selon un communiqué officiel.

En clair, GARSI Sahel s’inscrit dans la stratégie régionale de l’UE au Sahel qui contribue à la résolution d’une problématique régionale : la sécurité et la stabilité au Sahel.

En définitive, cette visite du ministre français de l’Intérieur est d’une importance capitale ainsi qu’en témoigne le secret qui l’entoure. Puisque nous informe Jeune Afrique dans un article publié ce vendredi, ce déplacement a été tenu confidentiel le plus longtemps possible par les autorités françaises.