NETTALI.COM - Le député Guy Marius Sagna a réaffirmé son engagement en faveur des réformes institutionnelles et de la transparence dans la gestion publique. Réagissant aux débats sur l’encadrement des fonds politiques, l’élu de Pastef estime que le président Bassirou Diomaye Faye doit accepter les exigences de la « rupture » qu’il a promise aux Sénégalais. Il révèle par ailleurs avoir soumis quatre propositions de loi à son groupe parlementaire, portant notamment sur le cumul des mandats, le droit syndical des policiers et le contrôle des fonds politiques.

Le député Guy Marius Sagna est revenu à la charge sur la question de l’encadrement des fonds politiques, un sujet qui alimente le débat public depuis plusieurs semaines. Dans une déclaration, le parlementaire a rappelé que les réformes qu’il défend s’inscrivent dans la logique de rupture portée par Pastef depuis son accession au pouvoir.

Sans le nommer directement dans un premier temps, il a visé le président Bassirou Diomaye Faye, qu’il qualifie de « président transfuge ou dissident », en rappelant une déclaration faite quelques mois auparavant.

« Il disait aux Sénégalais : c’est vous qui avez choisi la rupture, or la rupture est un plat amer. Le candidat Diomaye Faye a accepté d’être le candidat de la rupture. Devenu président, il doit accepter lui aussi de manger ce plat amer du nom de rupture », a-t-il déclaré.

Pour Guy Marius Sagna, les réformes destinées à renforcer la transparence et la reddition des comptes peuvent être politiquement coûteuses, mais elles demeurent indispensables pour construire une gouvernance conforme aux attentes exprimées lors de l’alternance de 2024.

Le député a particulièrement insisté sur la nécessité d’encadrer l’utilisation des fonds politiques, estimant que cette exigence doit s’appliquer à l’ensemble des institutions concernées.

« L’encadrement des fonds politiques est amer, mais le président doit le manger avec tous ceux qui disposent de fonds politiques », a-t-il soutenu.

Répondant à ceux qui l’accusent d’avoir soulevé cette question uniquement après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, Guy Marius Sagna affirme que cette initiative est bien antérieure aux récents bouleversements politiques. Selon lui, dès mars 2026, il avait annoncé publiquement qu’une proposition de loi visant à encadrer les fonds politiques serait prochainement déposée. Il souligne que cette réforme concerne l’ensemble des fonds spéciaux de l’État et non uniquement ceux de la Présidence de la République.

Le parlementaire révèle avoir transmis à son groupe parlementaire quatre propositions de loi qu’il juge structurantes pour l’approfondissement de la gouvernance démocratique.

La première vise à interdire certains cumuls de fonctions pour les responsables des exécutifs territoriaux. Le texte entend empêcher qu’une même personne puisse exercer simultanément les fonctions de maire ou de président de conseil départemental avec celles de ministre, de directeur général ou de membre d’un exécutif local.

Selon Guy Marius Sagna, cette réforme permettrait une meilleure gouvernance des collectivités territoriales et mettrait fin à des situations devenues, selon lui, quasi systématiques.

La deuxième proposition concerne une modification de l’article 2 de la loi portant Code du domaine de l’État.

La troisième proposition porte sur une réforme du statut du personnel de la Police nationale. Le député souhaite reconnaître aux policiers le droit syndical, tout en maintenant l’interdiction du droit de grève.

Le texte prévoit que les agents de police pourraient se constituer en organisations professionnelles pour défendre leurs intérêts, sans pour autant remettre en cause les impératifs de discipline, de neutralité et de continuité du service public de sécurité. Pour Guy Marius Sagna, cette évolution permettrait de renforcer les droits des policiers tout en préservant les exigences propres à leur mission.

La quatrième proposition prévoit la création d’une commission chargée de vérifier l’utilisation des crédits issus des fonds politiques. Cette structure aurait pour mission de renforcer le contrôle et la transparence dans la gestion de ressources traditionnellement peu soumises au regard public.

Le député précise toutefois que l’avenir de ces textes dépend désormais de son groupe parlementaire. « Il appartient à mon groupe parlementaire de décider lesquelles de ces propositions seront adoptées, avec ou sans amendement », a-t-il conclu.