NETTALI.COM - En lice pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies, Macky Sall a présenté, ce 22 avril 2026 à New York, les grandes orientations de sa candidature lors du dialogue avec l’Assemblée générale. Face à un monde marqué par des crises “systémiques”, l’ancien président sénégalais plaide pour une organisation “réconciliée avec ses principes” et capable de restaurer la confiance entre les États.
Dès l’entame de son intervention, Macky Sall dresse un tableau préoccupant de la situation internationale, évoquant “l’intensification des rivalités géopolitiques”, les conflits violents, les vulnérabilités climatiques et les fragilités économiques et sociales. Des crises qui, selon lui, “ne sont pas cycliques” mais traduisent des déséquilibres profonds à l’échelle mondiale.
Dans ce contexte, l’ancien Chef d’Etat met en avant le rôle central du multilatéralisme pour faire face aux défis contemporains, tout en soulignant les opportunités offertes par les avancées technologiques, notamment l’intelligence artificielle, qu’il considère comme “un formidable accélérateur de progrès” si elle est encadrée avec responsabilité.
Fort d’un parcours de près de quarante ans dans les affaires publiques, il insiste sur son expérience à différents niveaux de responsabilité, du fonctionnaire au chef d’État, ainsi que sur sa pratique du dialogue au sein des grandes instances internationales. Cette trajectoire, affirme-t-il, lui a permis d’être à “l’épreuve du pouvoir” et d’avoir une très bonne compréhension des attentes des États membres.
“De ce parcours, j’ai appris, dit-il, à dialoguer, écouter, et consulter. J’ai appris à conduire des réformes, arbitrer entre des priorités et prendre des décisions parfois difficiles.”
Rétablir la confiance et prévenir les crises
Ainsi, s’il est élu, Macky Sall place en priorité la restauration de la confiance entre les nations. Il ambitionne d’”apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir” à travers une action collective renforcée. Il se projette en Secrétaire général “impartial”, capable de rassembler et de “bâtir des ponts” entre les différentes régions du monde.
Il annonce également le renforcement d’une diplomatie préventive, axée sur l’alerte précoce, la médiation et une coopération accrue entre l’ONU et les organisations régionales. Une réflexion sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix figure aussi parmi ses priorités.
Sur le plan des droits humains, il réaffirme leur caractère universel et indivisible, rappelant qu’ils englobent à la fois les dimensions civiles, politiques, économiques, sociales et culturelles.
Développement, dette et inégalités au coeur des priorités
À l’approche de l’échéance de l’Agenda 2030, le candidat met l’accent sur la nécessité d’accélérer la mise en oeuvre des Objectifs de développement durable. Il alerte sur le poids “insoutenable” de la dette pour de nombreux pays et sur l’aggravation des inégalités, touchant particulièrement les jeunes et les femmes.
Macky Sall propose de repenser le financement du développement en misant davantage sur “le partenariat, l’investissement et le commerce”, avec un meilleur accès au crédit. Il souligne que les financements publics, à eux seuls, restent insuffisants pour soutenir les infrastructures et la transformation économique.
Dans cette perspective, il voit dans le Forum sur le financement du développement un levier pour mobiliser les acteurs internationaux, des institutions de Bretton Woods au secteur privé, afin de favoriser une croissance partagée. Il établit également un lien entre développement et migration, estimant que l’amélioration des conditions de vie contribue à réduire les flux migratoires irréguliers.
Réformer l’ONU et renforcer son efficacité
Sur le fonctionnement interne de l’Organisation, Macky Sall prône une réforme axée sur trois principes : “rationaliser, simplifier, optimiser”. Il appelle à une meilleure coordination entre les agences, fonds et programmes pour éviter les duplications et améliorer l’efficacité des actions sur le terrain.
Il se dit également favorable à une réforme du Conseil de sécurité “sur une base consensuelle”, visant à renforcer sa légitimité et son efficacité, tout en accompagnant les États membres dans les discussions en cours. Enfin, il insiste sur la nécessité pour l’ONU d’”utiliser ses ressources avec sagesse” et de produire des résultats concrets, susceptibles d’être défendus par les gouvernements devant leurs citoyens.
Dans un monde qu’il décrit “à la croisée des chemins”, entre divisions et coopération, Macky Sall appelle à “prendre des décisions audacieuses” pour redonner toute sa pertinence à l’Organisation. Une ambition qui repose, selon lui, sur un principe fondamental : “nous sommes plus forts lorsque nous restons unis”.






