NETTALI.COM - Le Front pour la Défense de la Démocratie et la République (FDR) exige le retrait de la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire Pastef, visant à modifier l’article L29 et à abroger l'article L30 du Code électoral. Il accuse Pastef de s’être servi du ministre de l'Intérieur et de la Justice. Des manifestations sont annoncées à Dakar et dans les autres régions.
La polémique enfle depuis la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire Pastef, visant à modifier l’article L29 et à abroger l'article L30 du Code électoral. Le Front pour la Défense de la Démocratie et la République (FDR) qualifie cette proposition de loi de “coup de force institutionnel en gestation”. Il y voit l’expression d’une “crise profonde et irréversible” au sommet de l’État.
“Depuis 1992, le Sénégal a bâti sa stabilité sur le consensus entourant les règles du jeu électoral. En rompant brutalement avec cette tradition pour imposer des règles taillées sur mesure au profit de son seul dirigeant, Pastef sape les fondements de la démocratie sénégalaise”, lit-on dans une note signée par la Conférence des Leaders, le jeudi 16 avril.
Il souligne que le Code électoral est un contrat servant de base à la dévolution démocratique du pouvoir. “Vouloir le traiter comme un simple règlement intérieur de parti, c'est abîmer la République en s’attaquant à son socle”, peste le FDR. La précipitation l’inquiète, et il dénonce le refus du dialogue. À l’en croire, il ne s'agit ni plus ni moins que de “tordre le cou à la loi pour satisfaire l'ambition de pouvoir d'un seul homme”.
Selon le FDR, Ousmane Sonko a été inscrit sur la liste des électeurs de manière frauduleuse. “Le ministère de l’Intérieur a été utilisé pour inscrire frauduleusement sur la liste des électeurs le Président de Pastef afin de lui permettre de diriger une liste de candidats aux dernières élections législatives”, regrette le FDR. Et c’est cette fraude, combinée à la rétention illégale d'une décision du Conseil constitutionnel, qui aurait donné une majorité illégitime à Pastef à l’Assemblée nationale.
Le FDR accuse également Pastef de s’être servi du ministère de la Justice pour engager une procédure de révision de jugement de son Président (Sonko) “sans que celui-ci n’ait eu la décence de démissionner afin d’éviter un manifeste conflit d’intérêt, le plaçant dans l’infâme position de juge et de partie”. Ainsi, il qualifie cette tentative de modification de la loi comme étant le troisième “acte de la forfaiture” de Pastef. “Il s'agit d'une loi personnalisée, taillée à la mesure d’un seul homme, contumax et condamné, en sursis et à une forte amende, dans deux affaires distinctes. Et comble de félonie, cette loi est rendue rétroactive sans motif d'ordre général, à seule fin de servir les lubies d’un homme croyant que sans lui l’univers cesserait d’exister !”, regrette le FDR.
Poursuivant, il rappelle que la loi doit être générale et impersonnelle. Lorsque, dit-il, elle devient l'instrument d'une faction, elle perd sa légitimité et n'appelle qu'une seule réponse : la résistance. Le FDR exige le retrait immédiat et sans condition de cette proposition de loi “particulière et personnelle”.
En second lieu, il demande l'ouverture sans délai d'une concertation inclusive sur le Code électoral sous l'égide de personnalités neutres. Enfin, il exige le respect scrupuleux du calendrier électoral et des droits de tous les acteurs politiques.
Le FDR souligne que la démocratie sénégalaise a été conquise de haute lutte par le sacrifice de générations entières. Elle mérite, dit-il, d’être défendue avec toute la détermination nécessaire. Il annonce qu’il entreprendra, en conséquence, les contacts nécessaires avec toutes les forces vives, les organisations de la société civile et les citoyens épris de justice et de paix, en vue d'organiser, à Dakar et dans toutes les autres régions, des manifestations massives jusqu'au retrait pur et simple de cette imposture législative.






