NETTALI.COM - Après l’épisode du Financial Times, le Gouvernement et le Fonds monétaire international s’expliquent à Washington. Les parties saluent des discussions positives et optimistes.

Les renégociations se poursuivent entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) à Washington. Sur son compte X, la directrice générale du Fonds monétaire international s’est réjouie de ce qu’elle considère comme une réunion positive avec les représentants du gouvernement sénégalais. “Nous avons souligné l’importance d’une gestion budgétaire saine et des réformes structurelles pour réduire les vulnérabilités de la dette et soutenir le développement à long terme”, a écrit Mme Kristalina Gergieva.

Des propos auxquels les Sénégalais sont désormais habitués. Depuis que la crise dite de la dette cachée a éclaté, c’est presque toujours la même rengaine. En novembre dernier, à la suite de sa dernière mission à Dakar, l’organisme se réjouissait déjà de discussions productives, axées sur les actions requises pour traiter les vulnérabilités budgétaires… Il estimait que des bases solides ont été posées pour la poursuite des échanges dans les semaines à venir en vue d’un éventuel nouveau programme soutenu par le FMI.

La même rengaine dans les négociations

Depuis, c’est le statu quo. Et comme pour ne rien arranger, l’affaire du Total return swap est venue complexifier la tâche avec les révélations du Financial Times. Au journal britannique, le Fonds confiait ceci : “L’équipe du FMI est au courant que le Sénégal a conclu plusieurs contrats de total return swaps avec des prêteurs. Les termes de ces swaps n’ont pas été partagés.” Selon l’institution, les pays sont généralement tenus par leurs créanciers obligataires de divulguer tout emprunt supplémentaire garanti. Elle disait s’attendre à ce que les autorités sénégalaises partagent les conditions financières des financements, en particulier dans le cadre de son analyse de soutenabilité de la dette.

La question est donc partie pour être au coeur des discussions entre les deux parties. À entendre le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, l’espoir est bien permis. Les chiffres de 2025, selon lui, militeraient en faveur du pays. “Le Sénégal est sur la trajectoire de consolidation budgétaire de qualité sur laquelle il s’était volontairement engagé avec un impact limité sur la croissance hors hydrocarbures en 2025”, a-t-il déclaré.

Abdourahmane Sarr optimiste

A en croire Abdourahmane Sarr, la mise en oeuvre du plan de redressement économique et social en 2026 permettra de poursuivre cette consolidation, malgré la crise pour un atterrissage maîtrisé à moyen terme maintenant la dette sur une trajectoire descendante. “Les chiffres du premier trimestre 2026 ont également parlé: Le marché régional du souverain virtuel de l’uemoa aux fondamentaux macroéconomiques solides permet d’être optimiste sur une convergence de vues avec le FMI sur les capacités de financement disponibles pour le Sénégal et les perspectives”, rassure Dr Sarr très optimiste.

Il faut noter que le principal blocage dans les négociations avec le Fonds monétaire international porte sur la viabilité de la dette. Les deux parties n’arrivaient jusque-là pas à accorder leur violon sur la viabilité de la dette, nécessaire pour la signature d’un nouveau programme.

Les parties attendues sur les swap et la viabilité de la dette

Face au parlement, le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba avait reconnu ces divergences relatives au cadrage macroéconomique. “Nous, nous pensions que les hypothèses du Fonds sont pessimistes, eux ont trouvé nos projections trop optimistes. Le résultat est que le FMI estime que nous ne pouvons trouver les financements dont nous avons besoin sans restructuration”, expliquait le ministre qui soutenait que le gouvernement travaillait à rapprocher les positions.

Depuis la survenue de la crise, le ministre des Finances et du Budget et son homologue de l’Économie se démènent pour trouver une solution avec les partenaires internationaux, en particulier avec le FMI. Mais leur patron Ousmane Sonko a jusque-là joué aux trouble-fêtes. Pour lui, le FMI ne travaille pas au développement des pays africains. Ce qui intéresse le FMI, disait-il à l’Assemblée nationale, c’est plutôt que ces pays restent pauvres et sages.

La restructuration devenue quasi hypothétique, selon les experts

Il y a quelques jours, la majorité parlementaire annonçait d’ailleurs un projet de résolution pour barrer définitivement la route à la restructuration de la dette. Comme par hasard, le projet qui a été repoussé sans explication revient au devant de l’actualité au moment même où les négociations reprennent à Washington. En effet, hier, le journaliste Madiambal Diagne a informé que le parlement compte revenir à la charge par rapport à cette volonté d’adopter une résolution interdisant toute restructuration.

De toute façon, informaient des spécialistes, avec les TRS qui ont été conclus avec des entités Émiratis, la restructuration est devenue presque impossible. “Avec ces TRS, l'option restructuration semble close. Car la note souveraine du pays sera davantage dégradée. Ce qui créera des appels de marge. D'ailleurs, soulignait la source, je peux faire cette prédiction : dans quelque temps, la presse internationale fera état d'appels de marge sur ces TRS”, prédisait un de nos interlocuteurs. Le gouvernement risque d’être dos au mur, selon lui.

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