NETTALI.COM - Alors que walf s’est taillé environ 120 millions, GFM, Dmedia, Emedia ont été recalés pour divers motifs.
La liste des bénéficiaires du fonds d’aide et de développement de la presse (FADP) a finalement été publiée, hier, par le ministère en charge de la Communication, lors d’une conférence de presse, sous la présidence du ministre Alioune Sall. L’une des principales informations c’est que le groupe walfadjri à travers ses différents supports, se taille la part du lion, avec une enveloppe globale de 120 millions de francs CFA, répartie comme suit : walf TV (42,5 millions) ; walf fm (31,5 millions) ; walf quotidien (19,25 millions) ; walf net (25,2 millions).
Pendant ce temps, d’autres grands groupes sont totalement absents de la liste. Il s’agit du Groupe Futurs médias de Youssou Ndour (L'Observateur, TFM, RFM, I GFM, RECORD), emedia invest (7I-TV et I-RADIO), Dmedia (Sen TV, ZIK FM) et du groupe éditeur de 7TV.
Au niveau de la presse écrite, nous notons l’absence de plusieurs médias parmi les plus connus de l’espace public, dont l’Observateur, Le quotidien, EnQuête, entre autres.
Parmi les principaux motifs de rejet, on note le défaut de quitus social et ou fiscal pour la plupart d’entre eux. Le directeur de la Communication a aussi informé que certains d’entre eux n’ont pas déposé.
Les explications du ministère
“Plusieurs groupes de premier plan n’ont pas déposé. Un seul a déposé mais n’a pas été retenu faute de quitus. Je peux le citer c’est Maimouna Ndour Faye, ma soeur. Cela montre que tout ce qui nous intéresse, c’est le respect des textes dans l’examen des dossiers”, a soutenu Monsieur Habibou Dia.
À l’en croire, les textes ont été scrupuleusement respectés, indépendamment de la notoriété des uns et des autres.
Si la plupart des observateurs ont salué cet exercice de transparence consistant à publier la liste des bénéficiaires ainsi que les critères de répartition, certains n’ont pas manqué de s’interroger sur certaines disparités qui semblent abyssales.
Selon Monsieur Dia, le Comité de gestion s’est appuyé essentiellement sur les critères que sont la taille de l’entreprise ; l’ancienneté et le contenu. Pour lui, l’une des vocations du Fonds, c’est d’encourager et de consolider l’emploi dans le secteur des médias. Raison pour laquelle, chaque média éligible doit obligatoirement présenter au minimum cinq contrats en bonne et due forme, c’est-à-dire non seulement enregistrés à l’Inspection du travail, mais aussi immatriculé au niveau de l’Ipres.
Pour les groupes de presse, il faut présenter au minimum cinq contrats pour chaque support.
Le CDEPS en conférence de presse aujourd’hui
“Il y a en eu des groupes qui ont déposé les mêmes contrats pour la télé, la radio, le site… Dans ce cas de figure, on prend la forme qui leur permet d’avoir la plus grande enveloppe”, a expliqué le directeur de la Communication. Prenant l’exemple de Walf, il précise : “Walf a présenté 5 contrats pour chaque médium. En sus des contrats, vous présentez trois bulletins de salaires, ainsi que les quitus.”
À la question de savoir si on peut s’attendre à ce que le ministère publie le nombre de contrats par média bénéficiaire, le ministère évoque des contraintes d’ordre juridique, qui rendent difficile la publication de certaines données. Aussi, souligne Monsieur Dia : “Cela n’apporterait pas grand chose au travail que nous faisons. L’essentiel est que le média retenu a présenté minimum 5 contrats. C’est ce que nous demandons, en nous conformant aux textes.”
Le directeur dit accorder une haute importance au suivi des bénéficiaires. Il compte à ce propos faire le tour des médias pour vérifier notamment les conditions de travail des professionnels… “J’ai fait aussi un rapport pour demander que pour certains bénéficiaires, l’année prochaine, il n’y aura pas de moratoire. Si vous avez 45 millions cette année par exemple, l’année prochaine vous ne devez pas revenir nous parler de moratoires pour les cotisations sociales par exemple. C’est en tout cas une recommandation que j’ai faite à l’autorité”, a-t-il prévenu.
Dans son intervention, le ministre de la Communication a insisté sur le fait que les critères ont été appliqués de la même manière pour tout le monde, sans aucun favoritisme. Il a plaidé pour le renforcement des moyens pour bâtir des médias encore plus forts. “…. Quand je parle de grande presse, ce n’est pas une question de nombre, c’est pour avoir de vrais médias, qui jouent véritablement leur rôle”, a souligné le ministre, qui prévoit des réformes ambitieuses pour développer le secteur.
Alioune Sall : “Nous sommes prêts à rencontrer les patrons…”
Présents à la cérémonie, le président du Haut conseil du dialogue social Mamadou Lamine Diante et Moundiaye Cissé de l’ONG 3D ont insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue avec les acteurs, en particulier les patrons de presse. À ce propos, le ministre réitère sa position. “Nous, nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes prêts à discuter avec tout le monde. Et je suis prêt à les rencontrer à nouveau dès demain. Mais il faut qu’on soit dans une démarche de co-construction dans le respect des lois”, s’est-il défendu.
Le ministère invite aussi les acteurs à s’adapter aussi bien du point de vue réglementaire que par rapport aux innovations. Sur les critiques relatives à la plateforme, la tutelle précise : “Cette plateforme est une innovation qui facilite le travail et aux médias et à nous mêmes. Je pense que c'est quelque chose de transparent que nous devons saluer.”
Selon l’autorité, ils ont aussi tout fait pour se conformer à la décision de la Cour suprême qui avait requis l’ouverture du dépôt physique. Le Comité, à précisé le directeur de la communication, a tout fait pour faciliter la tâche aux ayants droits. “Nous avons écrit à la Sodav, à l’IPRES, à la DGID, à la Caisse de sécurité sociale…. Nous leur avons demandé d'alléger les procédures à tous les médias qui viennent pour la régularisation. Même si le média leur doit beaucoup d'argent, il faut étaler la dette pour qu’ils puissent payer sous forme de moratoire”, a-t-il souligné.
À noter que le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal compte porter la réplique ce matin. Déjà, certaines voix se sont élevées pour dénoncer de graves irrégularités et une certaine opacité dans les procédures d’attribution du fonds.
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