NETTALI.COM - L'annonce d'un financement de 650 millions d'euros (environ 426 milliards de FCFA) obtenu par le Sénégal fait couler beaucoup d'encre. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, par la voix de sa présidente Aïssata Tall Sall, s'inquiète du manque de transparence autour de cette opération appelée “Total Return Swap” (TRS). Elle demande des explications claires sur ce montage financier qu'elle juge risqué pour l'avenir des Sénégalais.
Tout commence le 23 mars 2026, quand le journal britannique Financial Times révèle que le Sénégal a mobilisé des fonds auprès de banques internationales. Si l'opération est légale, la manière dont elle a été menée pose question. Pour l'opposition, le gouvernement a agi en cachette, sans informer les partenaires habituels ni les députés. “Si cette affaire ne rompt pas la confiance, elle abîme sérieusement le crédit dont notre pays jouit aujourd'hui”, regrette Aïssata Tall Sall.
Le coeur du problème, c'est la nature même du TRS. Pour obtenir de l'argent rapidement, l'État a passé un accord où il échange les revenus de ses titres contre du cash immédiat. Mais ce choix a un coût très élevé. La parlementaire rappelle d'ailleurs que même les plus grands investisseurs mondiaux, comme Warren Buffett, considèrent ce type de contrat comme une “arme financière de destruction massive”. Le danger est surtout financier : pour obtenir cet argent, le Sénégal accepterait une réduction (décote) de 30 % à 40 %. “Pour 150 millions d'euros engagés, le Sénégal n'en reçoit que 105 millions”, explique-t-elle.
En plus de ce manque à gagner, si la valeur des titres baisse, c'est l'État sénégalais qui doit payer la différence. “Le Sénégal prend en charge la différence”, prévient la présidente du groupe Takku Wallu.
Au-delà de l'argent, c'est le silence du gouvernement qui fâche. Ce type de montage financier n'apparaît pas directement dans le budget de l'État comme un prêt classique. Cela pourrait donc cacher le vrai niveau d'endettement du pays. Aïssata Tall Sall s'étonne d'ailleurs qu'en novembre 2025, lors du vote du budget à l'Assemblée, le ministre des Finances n'ait rien dit, alors que l'accord était déjà signé depuis plusieurs mois. “Pourquoi devrait-on le croire sur parole quand il dit avoir informé les députés alors qu'il n'en est rien ?”, s'interroge-telle.
Face à ce qu'elle appelle des “réponses qui ne convainquent personne”, l'opposition veut aller plus loin. De nombreuses rumeurs circulent sur le fait que le Sénégal aurait donné ses ressources en pétrole ou en gaz comme garantie pour obtenir cet argent.
Pour les députés de Takku Wallu, il est temps que le gouvernement dise la vérité, car “il y va du sort de notre pays et du futur proche de nos populations”.
Pour faire la lumière sur ce dossier, Aïssata Tall Sall a annoncé une décision forte : “Notre groupe parlementaire déposera dans les prochains jours une résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire”. L'objectif est simple : comprendre les détails du contrat et savoir si l'avenir des prochaines générations n'a pas été mis en danger par cette opération de l'ombre.






