NETTALI.COM - Une peine de 6 mois d’emprisonnement assortis du sursis, assortie d'une amende ferme de 500 000 Fcfa, a été infligée ce lundi 16 mars 2026 à l'Imam El Mamadou Lamine Dramé, par le tribunal de grande instance de Dakar.
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son délibéré son verdict dans l'affaire opposant l'État à El Mamadou Lamine Dramé. Le maître coranique, né en 1975 et résidant à Keur Massar, a été reconnu coupable de provocation à un crime ou délit ainsi que de provocation à un attroupement non armé. Pour la répression, le tribunal l'a condamné à une peine de 6 mois d’emprisonnement assortis du sursis et d'une amende ferme de 500 000 Fcfa.
L'origine de cette procédure judiciaire remonte à une conférence tenue à Thiès, durant laquelle le prévenu avait tenu des propos jugés incendiaires. L'imam avait notamment déclaré qu'il fallait se tenir prêt pour que le guide de la révolution termine son travail, allant jusqu'à évoquer l'idée de verser du sang et de dresser une liste de volontaires pour ce combat.
Ces déclarations, traduites du wolof, ont suscité une vive réaction de la part de la Présidente du tribunal lors de l'audience. Cette dernière a fermement interpellé le prévenu sur la responsabilité de tels discours face au bilan humain déjà lourd des récents événements politiques, fustigeant une rhétorique qui expose les enfants des autres, tout en préservant les siens.
Face aux remontrances de la magistrate, El Mamadou Lamine Dramé a exprimé des regrets, affirmant que s'il devait s'exprimer à nouveau, il n'utiliserait plus les mêmes termes.
De son côté, le représentant du ministère public, s'appuyant sur l'existence concrète d'inscriptions sur ladite liste, avait initialement requis une peine de 2 ans avec sursis ainsi qu'une amende de 200 000 Fcfa à l'encontre du maître coranique.
La défense a tenté de plaider la relaxe ou une application plus clémente de la loi. Selon les conseils, le dossier repose davantage sur une interprétation passionnée que sur des preuves délictuelles tangibles. Ils ont soutenu que leur client avait été mal compris, précisant qu'une révolution n'est pas systématiquement violente et que les propos tenus revêtaient un caractère conditionnel.
Malgré ces arguments, la Présidente a conclu l'audience en rappelant à l'imam qu'on ne saurait protéger une cause au prix de la vie humaine, avant de lui infliger une sanction.






