NETTALI.COM - Interné au Centre psychiatrique de Thiaroye, Assane Fall, plus connu sous le surnom « Azoura », conteste vivement la décision judiciaire qui a conduit à son hospitalisation. Le militant du parti Pastef affirme ne pas comprendre les raisons de son internement et dénonce des conditions qu’il qualifie d’« inhumaines ».

« Je ne suis pas à ma place ici », a-t-il déclaré lors d’un échange téléphonique avec le site d’information Seneweb, utilisant le téléphone d’un proche.

Selon ses déclarations, Azoura dit avoir entamé une grève de la faim pour protester contre son hospitalisation. Il affirme que des traitements médicaux lui sont administrés contre sa volonté. « Ils m’injectent de puissants antipsychotiques qui me font dormir pendant des jours », a-t-il dénoncé.

Le militant assure qu’il préférerait être transféré à la prison de Rebeuss plutôt que de rester interné dans cet établissement psychiatrique. « Je ne suis pas fou et je ne l’ai jamais été. Mon honneur m’interdit de rester ici », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, Assane Fall a également annoncé mettre fin à son engagement politique au sein de Pastef, accusant le parti de l’avoir abandonné. « Entre Azoura et Pastef, c’est fini. Pastef m’a trahi », a-t-il lancé.

Selon lui, certains responsables politiques chercheraient à présenter son état comme une circonstance atténuante afin d’éviter une incarcération.

Revenant sur les faits qui ont conduit à la procédure judiciaire, Azoura conteste l’accusation de conduite sans permis. Il affirme être détenteur d’un permis militaire de conduite et explique avoir engagé une procédure de conversion vers un permis civil au moment des faits.

Cette affaire trouve son origine dans un accident de circulation survenu à la Médina, impliquant Azoura Fall et ayant fait un blessé léger.

Dans le cadre de la procédure, son ami Serigne Saliou Fall, propriétaire du véhicule, avait été poursuivi pour :

  • remise d’un véhicule à une personne non titulaire du permis
  • complicité de coups et blessures involontaires.

Jugé par le tribunal des flagrants délits de Dakar, il a finalement bénéficié d’une relaxe pure et simple, la juridiction estimant qu’Azoura aurait pris les clés du véhicule sans autorisation.

L’affaire reste néanmoins suivie de près, notamment en raison de l’internement psychiatrique du militant et des réactions politiques qu’elle suscite.