NETTALI.COM - Les syndicats du secteur de la santé ont vivement critiqué la gestion de l’affaire Softcare par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, le Bureau exécutif national (BEN) du SAMES et celui du SUTSAS ont dénoncé ce qu’ils qualifient de graves dysfonctionnements au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), tout en remettant en cause la communication officielle du ministère sur ce dossier.
Selon les responsables syndicaux, la sortie médiatique du ministre, le 5 mars 2026, n’a pas apporté les clarifications attendues par l’opinion publique sur cette affaire liée à la sécurité sanitaire. « Le discours du ministre n’a pas éclairé les Sénégalais sur cette affaire. Nous nous interrogeons sur l’attitude adoptée dans ce dossier », ont-ils déclaré, évoquant même l’existence possible de « liens particuliers » entre la tutelle et l’entreprise Softcare.
Les syndicats rappellent que les premières mesures conservatoires ont été prises par les inspecteurs de l’ARP afin de protéger les populations. Selon leurs explications, une inspection aurait mis en évidence la présence de matières premières périmées, avec environ 1 300 kilogrammes de produits retrouvés dans l’enceinte de production.
Une situation jugée particulièrement préoccupante au regard des normes de l’UEMOA, qui interdisent formellement la présence de produits périmés dans les zones de fabrication de produits pharmaceutiques.
Pour les organisations syndicales, la décision du ministre de remettre en cause ces conclusions constitue un précédent inquiétant. « Les inspecteurs sont des agents assermentés dont les constatations font foi. Leur travail repose sur des faits objectifs et sur des procédures reconnues au niveau régional et international », ont-ils soutenu.
Ils contestent également la levée des mesures conservatoires sans qu’un nouveau rapport d’inspection officiel ne vienne confirmer la résolution des non-conformités relevées.
Au-delà du cas Softcare, le SAMES et le SUTSAS estiment que cette affaire révèle une crise de gouvernance plus profonde au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique.
Les syndicats dénoncent notamment des pratiques de népotisme, des recrutements clientélistes et des mutations qu’ils assimilent à des sanctions déguisées contre certains agents.
« Des agents sont sanctionnés pour avoir simplement appliqué la loi », ont-ils affirmé. Ils critiquent également la décision de transférer le service de surveillance du marché vers la direction chargée de délivrer les autorisations, une organisation qui pourrait, selon eux, créer un conflit d’intérêts majeur.
Face à la situation, les syndicats exigent la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, associant notamment l’Inspection générale d’État (IGE) et l’OFNAC. Ils demandent également un audit complet des procédures d’homologation et d’inspection dans le secteur pharmaceutique.
Pour les organisations syndicales, l’enjeu dépasse le seul cas de Softcare. « Il s’agit de garantir aux Sénégalais l’accès à des produits de santé sûrs, efficaces et de qualité », ont-ils insisté.
En guise de protestation, le SAMES et le SUTSAS ont annoncé l’organisation d’une première grève régionale à Dakar, tout en avertissant qu’un mouvement national pourrait être déclenché si leurs revendications ne sont pas prises en compte.






