NETTALI.COM - Après vingt-trois jours de détention, Bineta Sarr, plus connue sur TikTok sous le pseudonyme de « Bineta mécanicienne », ainsi que plusieurs membres de son entourage, ont retrouvé la liberté, à la suite du verdict rendu par le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye.

La décision de la juridiction a surpris de nombreux observateurs par sa clémence, contrastant fortement avec la sévérité des réquisitions du parquet. Poursuivis dans une affaire de mœurs impliquant drogue, présence de mineures et diffusion d’images jugées contraires aux bonnes mœurs, les prévenus s’attendaient à des sanctions plus lourdes.

Le tribunal a finalement opté pour des condamnations assorties du sursis et plusieurs relaxes pures et simples.
Bineta Sarr, A. W. Diallo — propriétaire de l’appartement meublé ayant servi de cadre aux faits — ainsi que F. Mbow et A. Souaré, ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement avec sursis, ce qui leur a permis de quitter immédiatement la Maison d’arrêt.

Plus surprenant encore, alors que le procureur avait requis six mois de prison ferme contre certains autres membres du groupe, le tribunal a prononcé leur relaxe sans amende ni peine complémentaire.

L’affaire remonte à la nuit du 31 décembre 2025, lorsqu’une descente des forces de l’ordre dans un appartement loué à Keur Massar avait permis de découvrir de la drogue, la présence de mineures et des contenus à caractère obscène.
Cette intervention avait provoqué une vague d’indignation en ligne, amplifiée par la notoriété de la principale mise en cause sur TikTok, suivie par des milliers d’abonnés.

Au total, quatorze jeunes avaient été interpellés et poursuivis pour divers chefs d’accusation, notamment atteinte aux bonnes mœurs, association de malfaiteurs et autres infractions connexes.

À l’audience, le parquet avait dressé le portrait d’un groupe structuré, dénonçant une dérive grave et une menace pour les valeurs sociales.
La défense, quant à elle, a plaidé une errance de jeunesse, sans préméditation ni organisation criminelle, estimant que l’affaire avait été amplifiée par la pression médiatique et l’écho des réseaux sociaux.

Un argumentaire qui semble avoir convaincu le tribunal, lequel a choisi une approche plus clémente, privilégiant le sursis et les relaxes.