NETTALI.COM - Intervenant sur le thème majeur « Le juge face aux défis du numérique », le Président Bassirou Diomaye Faye a exposé sa vision d'une transition technologique audacieuse, mais maîtrisée. Tout en reconnaissant le potentiel transformationnel des outils modernes, il a plaidé pour une mutation rigoureusement encadrée par l’éthique et le respect de l'indépendance judiciaire.
Le chef de l’Etat a présidé ce jeudi 22 janvier, la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux portant sur le thème : « Le juge face au défi du numérique». Bassirou Diomaye Faye a une fois de plus réitéré son engagement pour une justice moderne performante.Une perspective qui selon lui passe nécessairement par l’appropriation des outils numériques.
« Je réitère mon engagement ferme de mettre en place une justice moderne et performante qui passe nécessairement par l’appropriation de tous les outils du numérique, non seulement par le juge, mais également par tous les acteurs de la justice », a déclaré Bassirou Diomaye Faye.
Il a ainsi insisté sur l’ambition de l’État de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire.
Bassirou Diomaye Faye considère que le numérique est un outil capable de « juguler durablement » les défis auxquels les juges se trouvent confrontés, en termes de maîtrise du temps, pour rendre leurs décisions dans des délais raisonnables. A l’en croire, tous les États, institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’adapter au numérique « seront laissés inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergés et dépassés ».
« L’ambition de l’État est de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire » a-t-il martelé.
Il a ainsi ajouté que le numérique et l’intelligence artificielle, loin de pouvoir porter atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice, doivent au contraire en être les garants et les producteurs. « Le numérique représente donc à la fois un défi majeur et une opportunité historique pour le juge », dit-il.
Ainsi Bassirou Diomaye Faye a indiqué que le ministère de la Justice s’inscrit « dans une dynamique de modernisation maîtrisée, plaçant le juge au cœur de la transformation, tout en préservant l’essence, la noblesse et l’autorité de la fonction juridictionnelle ».
Il a concédé que l’usage du numérique par le juge, va impliquer « certainement une réforme de plusieurs de nos textes, avant d’arriver à des innovations telles que l’assignation par voie électronique, la signature électronique, les citations par voie électronique, la dématérialisation intégrale de certaines procédures pour la consultation et la délivrance de certains actes juridictionnels ».
« Les interrogatoires et les confrontations à distance et le tribunal virtuel font aussi partie de ces réformes envisagées. L’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous les facteurs à travers une connectivité sécurisée et continue, avec des machines adaptées et sécurisées » dit-il.
Le Président Faye a préconisé, dans le même esprit, l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, le renforcement de la culture de la sécurité numérique et l’appropriation des outils technologiques. Il s’agit, en définitive, de « bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication ».






