NETTALI.COM- Le ministère public a rendu ses réquisitions dans l'affaire de la mutinerie survenue le 19 juin 2024 au Camp pénal de Liberté VI. Pour les 28 détenus encore en cause (sur les 29 initialement poursuivis, l'un étant décédé entre-temps), le procureur a demandé une peine de 4 ans de prison ferme assortie d'une amende de 500 000 FCFA chacun.

L'origine de l'incident remonte à une opération de contrôle de routine. Selon les éléments de l'enquête, la découverte de téléphones portables et de chanvre indien dans certaines cellules avait motivé la décision de muter huit prisonniers. Informés de cette mesure, les détenus concernés auraient alors planifié une résistance collective. L'accusation rapporte que des projectiles ont été lancés contre les gardiens postés aux miradors, tandis que des images des affrontements étaient diffusées en direct sur les réseaux sociaux. Pour rétablir l'ordre, l'administration pénitentiaire a dû faire usage de grenades lacrymogènes.

Initialement, 29 personnes avaient été inculpées pour rébellion, détention d'objets interdits et actions diverses, mais l'un des détenus est décédé avant le procès.

Face au juge, les prévenus ont fermement contesté la version officielle en dénonçant leurs conditions de détention. Ils ont affirmé que les agents les auraient poussés à bout en dégradant leur matériel de ventilation et en rendant leur nourriture immangeable avec de l'eau. Par ailleurs, ils ont interrogé la pertinence des poursuites, s'étonnant d'être les seuls inquiétés sur une population de plus de 1 000 détenus.

Les témoignages des agents pénitentiaires présents lors des faits ont toutefois maintenu que les hostilités avaient commencé par un refus d'obéissance. Malgré l'intervention du chef de cour pour faciliter le transfert vers la chambre 12, les prisonniers auraient persisté dans leur refus, provoquant l'escalade de la violence au moment de la fouille.

Dans son réquisitoire, le procureur a souligné la particulière gravité des faits. Il a soutenu que les prévenus, déjà condamnés pour d'autres délits, cherchaient délibérément à instaurer un climat de terreur pour transformer la prison en une zone de non-droit. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré et rendra son jugement final le 11 février.