NETTALI.COM - Face à la presse, le lundi 12 janvier à Dakar, le G7 des syndicats de l’éducation a annoncé une nouvelle série de mouvements d’humeur pour contraindre l’État à respecter ses engagements.

Le G7 n’entend plus temporiser. En conférence de presse, hier lundi à Dakar, les syndicats de l’éducation ont rendu public un nouveau plan d’action face à ce qu’ils qualifient de “dilatoire continu” du gouvernement dans l’application des accords signés avec les enseignants. Ainsi, il est prévu un débrayage ce jour à partir de 9 h, une grève totale demain mercredi et un débrayage suivi d’une marche nationale à Thiès le jeudi 22 janvier, enfin une grève totale le vendredi 23 janvier. “Les enseignants ont fini de consentir des sacrifices énormes et exigent en bon droit la satisfaction légitime de leurs attentes”, ont martelé les responsables syndicaux, appelant à “la mobilisation et au strict respect du mot d’ordre pour faire face au dilatoire”.

Derrière cette montée en puissance, le G7 dénonce ce qu’il appelle “une nouvelle ère : celle de l’immobilisme dans la prise en charge des préoccupations des enseignants”, depuis la troisième alternance politique au Sénégal. Selon les syndicats, les protocoles d’accords signés en 2018 et 2022 restent largement inappliqués, notamment sur la signature des décrets et la correction du système de rémunération. “Cette situation notoirement préjudiciable au secteur dans sa globalité est causée par la léthargie du comité de suivi des accords”, ont-ils accusé, pointant un organe incapable de “faire périodiquement l’état de réalisation des promesses” ni d’assurer une communication efficace avec les parties prenantes.

Le G7 exige aujourd’hui le paiement à temps des salaires et des indemnités d’examens, la signature des décrets en souffrance, la fin des lenteurs administratives, l’équité salariale dans l’éducation et l’arrêt des surimpositions sur les rappels et indemnités. À cela s’ajoutent de nombreux autres dont les retards de paiement des contractuels, le nonpaiement de certaines indemnités d’examens, la mise à l’écart du G7 dans les activités du ministère, l’absence de budgets de fonctionnement pour les écoles, la non-fonctionnalité du comité de suivi des accords, les difficultés dans l’organisation de certains examens, ou encore les blocages des cotisations syndicales.

Sur ce dernier point, le G7 est particulièrement virulent. Il dit condamner “avec la dernière énergie les blocages récurrents des virements des cotisations syndicales visant à asphyxier les syndicats”, dénonçant “des actes ignobles”. Les syndicats estiment, en outre, que le dialogue social ne joue plus son rôle. Ils déplorent “la léthargie notée au niveau du dispositif de dialogue social” qui devrait, selon eux, “amener le gouvernement à respecter ses engagements afin d’anticiper sur les crises évitables”.

Tout en saluant l’engagement des enseignants, “ces milliers d’enseignants qui ont adhéré avec force conviction au G7”, les responsables syndicaux préviennent que la stabilité de l’année scolaire passée n’a tenu, selon eux, qu’à “la capacité de résilience et à l’engagement patriotique des syndicats”.

Pour le G7, l’heure est désormais au bras de fer. Face au “manque de volonté manifeste du gouvernement” et à “certaines mesures cosmétiques”, ils promettent de “porter le combat” jusqu’à l’application intégrale des accords. Avant de conclure par un appel clair : “Nous appelons tous les enseignants du Sénégal à la mobilisation et au strict respect du mot d’ordre.”