NETTALI.COM - La Chambre d’accusation financière a ordonné, ce 5 janvier, la mise en liberté provisoire de Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste Madiambal Diagne. Une décision assortie de conditions strictes, dont une assignation à résidence avec bracelet électronique, qui infirme les ordonnances précédentes du juge d’instruction rendues avec l’opposition du parquet financier.

Nouveau tournant judiciaire dans le dossier impliquant des proches du journaliste Madiambal Diagne. Après le rejet de leurs premières demandes de mise en liberté provisoire par le juge d’instruction, Mabintou Diaby et son fils Mouhamed Diagne ont obtenu gain de cause en appel devant la Chambre d’accusation financière.

Les avocats de la défense, dont Me Ousmane Thiam, avaient contesté les ordonnances de refus, estimant que les conditions légales d’une détention préventive prolongée n’étaient plus réunies. Saisie de l’affaire, la Chambre d’accusation a examiné le dossier le 5 janvier, avant de statuer en chambre du conseil.

Après délibération hors la présence des conseils des inculpés, de l’Agent judiciaire de l’État, du ministère public et du greffier, la juridiction a d’abord déclaré l’appel recevable. Elle a ensuite infirmé les ordonnances attaquées et ordonné la mise en liberté provisoire des deux inculpés.

Toutefois, cette décision est assortie de mesures de contrôle particulièrement rigoureuses. Mabintou Diaby est assignée à résidence à son domicile de Yoff Virage (lot n°03), tandis que Mouhamed Diagne devra résider à la Cité Djily Mbaye. Les deux bénéficient d’un placement sous bracelet électronique.

La Chambre d’accusation a encadré cette liberté provisoire par plusieurs obligations. Les deux inculpés ont l’interdiction formelle de quitter leurs domiciles, sauf autorisation écrite et préalable du juge d’instruction. Ils doivent également remettre leurs passeports au greffe du cabinet d’instruction.

Ils ne sont pas autorisés à entrer en contact, de quelque manière que ce soit, avec les autres personnes impliquées dans les faits qui leur sont reprochés. En outre, ils restent tenus de répondre à toutes les convocations du juge d’instruction dans le cadre de la poursuite de l’enquête.

La juridiction a tenu à rappeler que toute violation de ces mesures pourrait entraîner leur arrestation immédiate et leur placement sous mandat de dépôt.

Autre élément important : la mise en œuvre effective de cette liberté provisoire reste conditionnée à l’avis du comité de suivi en milieu ouvert. Cet organe est chargé d’évaluer la faisabilité technique de l’assignation à résidence avec bracelet électronique. Il dispose d’un délai maximum d’un mois à compter de la notification de la décision pour rendre son avis.

Enfin, les dépens de l’instance ont été mis à la charge du Trésor public.

Cette décision marque une étape significative dans ce dossier sensible, tout en laissant intacte la procédure judiciaire en cours, qui se poursuit sous le contrôle du juge d’instruction.