NETTALI.COM- Lors d'un rassemblement à Passy, le Premier ministre Ousmane Sonko a dressé un réquisitoire sans concession contre la gestion de l'ancien régime avant d'esquisser les nouvelles orientations de son gouvernement. Sous les acclamations de la foule, il a réitéré sa détermination à poursuivre les auteurs de détournements de fonds, balayant toute idée d'oubli.
Le Premier ministre était à Passy (département de Foundiougne) pour assister à la clôture des journées culturelles organisées par le maire Baye Niass. Face à une foule nombreuse, Ousmane Sonko a encore fait le procès du régime de Macky Sall. Ainsi, il a réitéré sa détermination à poursuivre les auteurs de détournements de fonds, balayant toute idée d'oubli ou d’impunité.
Adulé par la foule, le Chef du gouvernement a aussi déploré la mauvaise allocation des ressources par le passé, citant notamment le cas des phosphates. Selon lui, le Sénégal ne peut plus se permettre d'exporter sa production pour la racheter ensuite. « Plus de 90 % de l’acide phosphorique produit par les Industries chimiques du Sénégal (Ics) est exporté, avant d’être réimporté par notre pays. J’ai mis un terme à cette pratique. C’est l’essence du combat de Pastef », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a également tenu à responsabiliser les citoyens, fustigeant la banalisation de la corruption et les dérives de l'argent en politique. Il a rappelé que l'éthique doit rester au cœur de l'action publique en déclarant : « Un homme politique ne vit que de la confiance des citoyens. Lorsqu’elle disparaît, c’est la fin. La politique n’est ni une affaire de mondanités, ni de combines, ni de détournement. Trahir la confiance du peuple est la pire des choses. » Il a insisté sur le fait que chaque décision de son équipe devra être assumée devant le peuple et devant Dieu.
Sur le plan institutionnel, Ousmane Sonko a annoncé une réforme majeure de la décentralisation destinée à renforcer les mairies, dont 95 % souffrent actuellement d'un budget insuffisant. L'objectif est de passer de neuf à treize compétences pour les collectivités territoriales afin de mieux répondre aux aspirations locales. Pour marquer cette proximité nouvelle, il a annoncé l'arrivée imminente de plusieurs ministres à Passy pour discuter de programmes concrets. Parallèlement, il a confirmé que l'électrification des zones insulaires de la région de Fatick était en bonne voie, les études d'impact environnemental étant presque terminées.
Enfin, concernant l'agriculture, le Premier ministre a prôné une rupture totale avec le système actuel qu'il juge inefficace malgré les milliards injectés. Il estime que l'État ne peut plus tout supporter, des semences à la commercialisation, sans que les acteurs ne soient satisfaits.
Pour lui, la solution réside dans un changement de stratégie. « Le système n'est pas bon. Au lieu de continuer avec ces subventions à n'en plus finir, on ferait mieux d'utiliser cet argent pour construire des forages un peu partout qui pourront permettre de cultiver durant toute l'année », fustige-t-il avant d’évoquer la mise en place d'un comité à la Primature dont l'ambition est de changer l’actuelle politique agricole.
Malgré ces défis structurels, Ousmane Sonko s'est voulu rassurant sur la campagne arachidière actuelle, affirmant que la production record de 900 000 tonnes sera intégralement vendue.






