NETTALI.COM - Le projet de seconde Loi de finances rectificative (LFR-2) pour l’année 2025 sera examiné ce mardi à l’Assemblée nationale. Confronté à des moins-values de recettes estimées à près de 138 milliards de FCFA, le gouvernement justifie cet ajustement budgétaire par la nécessité de préserver la sincérité des comptes publics, tout en maintenant les grands équilibres macroéconomiques et les objectifs de croissance.
Le gouvernement sénégalais soumettra, ce mardi, à l’examen des députés le projet de seconde Loi de finances rectificative (LFR-2) pour l’exercice 2025. Selon le document, cette nouvelle révision budgétaire s’impose en raison de plusieurs facteurs conjoncturels ayant affecté les prévisions initiales de recettes, aussi bien internes qu’externes, et nécessitant une intervention législative pour garantir la régularité et la transparence de la gestion des finances publiques.
Premier motif avancé par l’Exécutif : la baisse des recettes de l’État. Les recettes internes ont enregistré un recul de 21,2 milliards de FCFA, tandis que les recettes externes ont chuté de 116,6 milliards de FCFA. En conséquence, les recouvrements attendus à fin décembre 2025 sont désormais évalués à 4 361,1 milliards de FCFA, contre un objectif initial de 4 382,3 milliards fixé dans la première Loi de finances rectificative (LFR-1).
Le gouvernement relativise toutefois cette contre-performance apparente. Il souligne que, comparées à l’exercice 2024, les recettes internes ont progressé de 484 milliards de FCFA, soit une hausse de 12,5 %. « Malgré la légère révision à la baisse en 2025, la trajectoire de recouvrement demeure satisfaisante », assure l’Exécutif, mettant en avant la résilience des ressources domestiques dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes.
Autre élément déterminant de cette LFR-2 : la baisse significative des dons, en particulier des dons en capital. Ceux-ci devraient diminuer de 81,6 milliards de FCFA par rapport aux prévisions de la LFR-1, pour s’établir à 160 milliards de FCFA contre 241,6 milliards initialement attendus.
Selon le gouvernement, cette situation s’explique principalement par des retards dans l’exécution de certains projets financés par les partenaires techniques et financiers. Des procédures de passation de marchés plus longues que prévu, ainsi que des contraintes techniques, ont freiné la mobilisation effective de ces ressources. Les dons budgétaires sont également concernés, avec une révision à la baisse de 35 milliards de FCFA, passant de 45 milliards prévus à seulement 10 milliards à fin décembre 2025.
Près de 138 milliards de moins-values budgétaires
Au total, les moins-values de recettes budgétaires – internes et externes confondues – sont estimées à 137,8 milliards de FCFA. Ce recul représente une baisse de 3 % par rapport aux prévisions arrêtées dans la LFR-1. Néanmoins, le gouvernement insiste sur le fait que, d’une année sur l’autre, les recettes budgétaires de 2025 restent en nette progression, avec une hausse globale de 11,6 %, équivalente à 464,9 milliards de FCFA par rapport à 2024.
Pour faire face à cette contraction des recettes et maintenir l’équilibre budgétaire, l’État a procédé à un ajustement à la baisse des dépenses, à hauteur exactement de 137,8 milliards de FCFA. Une mesure présentée comme un effort de discipline budgétaire, visant à contenir le déficit et à préserver la crédibilité des finances publiques.
À l’issue de ces réajustements, les principaux indicateurs macroéconomiques demeurent globalement stables. Le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel est désormais attendu à 7,8 %, contre 8,0 % initialement projeté. Le taux de pression fiscale est estimé à 18,9 %, tandis que le déficit budgétaire est maintenu à 7,82 % du PIB.
L’examen de cette seconde Loi de finances rectificative s’annonce comme un moment clé du débat budgétaire de fin d’année. Il permettra aux parlementaires d’évaluer la capacité du gouvernement à ajuster sa politique financière face aux aléas économiques, tout en poursuivant ses priorités de développement et de relance. Dans un contexte de vigilance accrue sur la gestion des ressources publiques, la LFR-2 se veut un exercice d’équilibre entre rigueur budgétaire et maintien des ambitions économiques du Sénégal.






